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Depuis quelques temps, le président du PARENA, et non moins président du FDR (Front pour la Démocratie et la République) tourne en rond, ne sachant plus à quel saint politique se vouer. En effet, le chef des “Béliers blancs” se trouve aux abois, depuis qu’il a retourné sa veste contre le régime ATT.

Non pas parce que ce régime lui met des bâtons dans les roues ou cherche à laisser son passé à la tête du Comité National d’organisation du Sommet Afrique-France (CNOSAF) le rattraper (le dossier concernant sa gestion étant entre les mains de la justice), mais parce que l’homme s’est laissé entraîner dans un exercice auquel il n’arrive pas à s’adapter : celui d’opposant.

C’est dire que n’est pas opposant qui veut, et qu’il n’y a pas d’opposition de fait. En effet, toute opposition est fonction d’une nécessité : celle d’y croire et de vouloir apporter -et cela, sans aucune animosité- des alternatives crédibles aux politiques et programmes des tenants du pouvoir, dans la seule mesure où on y décèle des lacunes ou insuffisances, et qu’on pense pouvoir mieux faire.

Autrement dit, l’opposition, c’est l’attachement à un idéal de renouveau, à une convition politique. L’opposition, c’est aussi une option que l’on choisit de son plein gré, une fois qu’on pense qu’on n’est plus sur la même longueur d’onde que le régime, et que l’on est contraint d’opter pour un camp. Or, pour le cas spécifique de Tiébilé Dramé, ce n’est ni l’un, ni l’autre.

Comme à son habitude, depuis le début, l’homme avait fait allégeance au régime ATT. Et quatre ans durant, il n’a cessé d’applaudir, de “chanter les louanges du régime et d’exhiber les biceps“ (selon certains citoyens), chaque fois que les détracteurs du régime ont essayé de lui jetter l’anathème. Après la réélection d’ATT en 2007, il avait juré de jouer toute sa partition : en termes clairs, il avait fait choix politique réfléchi et mûri.

Mais un choix et un engagement dont il n’eut aucune peine à se détourner, tout simplement parce qu’on lui avait demandé de rendre compte de sa gestion à la tête du CNOSAF. Et depuis lors, toutes les occasions lui furent bonnes pour tirer à hue à dia sur tout ce qui bouge.

Cette pratique se situe aux antipodes du rôle et de l’éthique de l’opposition, car un opposant qui n’est pas capable de proposer n’en est pas un. Et si en plus tout lui échappe, c’est qu’il subit une certaine déperdition politique. Ainsi a-t-on vu celui-là même qui a rédigé les textes de l’ADP -l’alliance qui a soutenu la candidature du président ATT, et qui continue à soutenir ses actions- se détourner de cette alliance, dénigrer et les partis qui la forment, et la personne qu’elle soutient.

Aux dires de certains responsables, c’est cette même suffisance qui a poussé ce Professeur émérite de Français à se glorifier, lors de la campagne présidentielle d’Avril dernier, d’être… assuré du soutien des Professeurs de Français de notre pays, à travers l’AMAPLAF.

Ce qui était une prétention démesurée, car les responsables de cette Association n’ont pas attendu longtemps pour faire savoir à Tiébilé Dramé qu’il se trompe de combat. “L’AMAPLAF est une association apolitique qui vise à faire la promotion de la langue française, et non une officine de soutien aux hommes politiques en quête de popularité”, avait laissé entendre, à l’époque, le président de l’AMAPLAF.

C’est dire que le candidat malheureux à l’élection présidentielle passée semble avoir été discrédité par l’Association Malienne des Professeurs de la Langue Française (AMAPLAF), et pour cause : le 13 Mars 2008, elle a tenu sa “Journée Nationale du Professeur de Français”, la première du genre. Et cela… sans la présence du Président du PARENA et du FDR.

N’est-ce pas cette même déperdition politique qui peut pousser Tiébilé à promettre… la création d’un ministère chargé des régions du Mali ? N’est-ce pas elle qui l’a poussé à dire que “ce n’est pas parce qu’on a libéré les otages que les problèmes sont reglés” ?. Alors que personne n’a soutenu que la question du Nord était réglée…

Aujourd’hui, Soumeylou Boubèye Maïga veut revenir au bercail de l’ADEMA, et IBK entend reconquérir ce qu’il a perdu, à savoir, sa popularité. Que reste-t-il alors à Tiébilé Dramé, désormais président d’un regroupement qui semble se limiter au seul PARENA, son parti ?

Aussi, de l’avis de bien des citoyens, si Tiébilé Dramé avait compris à temps que les dénigrements politiques ne servent à rien, il serait aujourd’hui à Koulouba ou à Bagadadji, entendez dans les services de la Présidence ou à l’Assemblée nationale.

Adama S. DIALLO

18 Mars 2008.