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Au cours d’un déjeuner de presse hier, l’émissaire du président de la République qui s’envole pour Ouagadougou aujourd’hui pour des négociations avec les groupes armés du nord a dévoilé des pans de sa mission.

C’est ce vendredi 7 juin 2013 que s’ouvrent à Ouagadougou les négociations entre le gouvernement malien et les groupes armés sous la présidence du Médiateur de la Cédéao pour la crise malienne, le président du Faso Blaise Compaoré. Dans la perspective de cette rencontre qui sera en principe sanctionnée par la signature d’un accord de paix, Tiébilé Dramé a rencontré la presse pour parler de sa mission et des négociations.

D’ores et déjà, M. Dramé a fait savoir que la reprise du poste avancé du MNLA à Anéfis le mercredi dernier se situe dans le cadre du recouvrement de l’intégralité du territoire national. Selon lui, cela n’a aucune incidence sur le démarrage des négociations de ce vendredi.

Il en veut pour preuve le sms qui lui a été envoyé le mercredi, juste quelques heures après l’attaque d’Anéfis par l’armée nationale, par un responsable du MNLA qui se dit disponible pour la rencontre de Ouaga. Un autre motif d’espoir est ce propos tenu le 25 mai à Niamey au Niger, par un responsable du Haut conseil de l’Azawad selon lequel, « l’Azawad fait partie du Mali où l’autorité et la souveraineté du doivent s’exercer« .

Pour Tiébilé Dramé, les négociations n’ont jamais été rompues avec les groupes armés avec en même temps les opérations visant à recouvrer les territoires annexés. « Ce n’est pas demain (Ndl : aujourd’hui) que les négociations vont commencer à Ouagadougou.

Elles ont débuté depuis deux semaines même si c’est tout le monde qui sera autour de la même table ce vendredi« , a-t-il dit avant d’ajouter qu’ils ont de commun accord décidé depuis le 27 mai 2013 de signer un accord le 10 juin prochain. Il a en outre fait savoir, qu’avec la résolution 2100 des Nations unies du 25 avril 2013 sous chapitre VII, aucun groupe armé, aucun pays ne peut prendre la liberté de faire ce qu’il veut. « Cette résolution contraignante invite les groupes armés à déposer les armes« , a-t-il indiqué.
Mission partielle

S’agissant de l’objet de sa mission d’émissaire, l’ex-ministre des Affaires étrangères sous la transition en 1992, a fait savoir que son rôle n’est pas de résoudre les problèmes du nord. « Je ne suis pas chargé de négocier pour résoudre les problèmes du nord. Il appartient au président nouvellement élu de s’attaquer aux questions de fond concernant cette partie du pays« , a-t-il affirmé.

Selon lui, son mandat lui a été fixé de telle sorte que l’élection présidentielle se tienne sur l’ensemble du territoire national. « Cela se traduit par le retour de l’administration et des forces de sécurité à Kidal, avoir une approche inclusive pour parler à tous ceux qui ont pris les armes à se conformer aux résolutions des Nations unies, de la Cédéao et de l’Union africaine« , a-t-il précisé.

Pour ceux qui parlent d’ambiguïté entre sa mission et celle de la Commission dialogue et réconciliation (CDR), Tiébilé Dramé affirme tout le contraire. A ses dires, « ma mission est partielle pour débloquer la situation de crise au nord. La CDR a une mission sur deux ans. En d’autres termes, je travaille pour la CDR. S’il y a un accord lundi, il y aura l’organisation d’un forum sous la présidence de la CDR« , a précisé M. Dramé.

Abdrahamane Dicko

08 Juin 2013