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On définit la sécurité alimentaire comme «le droit pour un pays de définir et mettre en œuvre une politique agricole et alimentaire autonome….».

Il est évident que c’est un slogan creux si l’on n’a pas les moyens de faire face de manière autonome à ses besoins. Ce qui est loin d’être le cas du Mali.
Tout d’abord, il faut avoir une politique car ce n’est pas parce que il y a une loi d’orientation agricole que nous avons une politique agricole, on le voit avec le scandale des tracteurs importés hâtivement et distribués à des paysans et à des non paysans ! C’est la preuve que nous baignons dans une improvisation et un tâtonnement indescriptibles !

Pour assurer la sécurité alimentaire du peuple malien, je placerai le paysan du Mali au cœur, au centre de la politique agricole.
Je m’appliquerai à lui enlever les entraves qui l’empêchent d’être un agent économique de plein droit.
Je trouverai des solutions au surendettement du paysan de l’Office du Niger et de la zone cotonnière.
Je mettrai fin à son calvaire en ce qui concerne l’approvisionnement en intrants agricoles que le Mali importe chaque année pour plusieurs dizaines de milliards de F Cfa. Une usine d’engrais sera installée dans les meilleurs délais.

L’Etat peut tirer profit des phosphates du Tilemsi (cercle de Bourem)
J’étudierai, en relation avec les organisations paysannes, la possibilité de payer la redevance eau en nature, pour éviter que le paysan de l’Office du Niger ne perde sa production à l’approche du 31 mars, date limite du paiement des redevances.
Je m’appliquerai à augmenter progressivement la taille des exploitations à l’Office du Niger de manière à les porter à 3ha/famille, seuil de rentabilité selon plusieurs études. Ce qui suppose la modernisation de l’outil qu’est l’Office du Niger (de 36 000 ha à nos jours, 50 000 ha sur 2000 000 seront aménagés).
J’intensifierai la culture de la pomme de terre qui pourrait se faire en dehors des saisons de culture du riz, du coton et du mil.

Enfin dans le cadre de la sécurité alimentaire, je doterai le Mali d’une législation permettant l’utilisation de la biotechnologie, moderne en toute sécurité, ne serait ce que dans le domaine de la recherche.
Les chercheurs seront autorisés à travailler sur la question des OGM pour définir les avantages et les mesures de prudence élémentaires à observer.

Je m’attacherai à renforcer la sécurité foncière des producteurs. Vous savez que pour subvenir à leurs besoins les paysans sont en train de vendre leurs terres, donc leur principal outil de production, notamment dans les zones périurbaines.

Je protégerai l’émigré que je considère comme la 2e mamelle nourricière de notre pays. Parce que connaissant les réalités de ce pays, je sais que dans plusieurs villages de la région de Kayes même la viande qui est consommée quotidiennement est payée depuis l’extérieur.
L’émigration est une stratégie de survie développée à travers les siècles comme réponse aux aléas climatiques et aux défis écologiques.

Enfin je mettrai fin à la discrimination qui prévaut aujourd’hui au sein de la communauté des affaires. Il y a des commerçants et hommes d’affaires qui bénéficient d’exonérations accordées par le président de la République, tandis que la grande majorité paye les taxes et les impôts. Dans ces conditions, les règles du jeu sont faussées, plusieurs commerçants sont dans un marasme total.

Quand on sait qu’un commerçant nourrit plusieurs dizaines de bouches, on peut mesurer l’impact de telles pratiques sur la sécurité alimentaire. Je rétablirai l’égalité de tous les commerçants devant le cordon douanier.
Vous voyez l’importance de la bonne gouvernance dans la recherche de la sécurité alimentaire.

C’est pourquoi je pense qu’il faut au Mali une gouvernance démocratique moderne et prévisible qui est à l’opposé du tâtonnement et de l’improvisation auxquels nous assistons depuis quelques années.
Mon ministre de l’agriculture, dont j’ai le nom en tête, mettra «balle à terre» et travaillera avec rigueur, sérieux et méthode pour que le Mali redevienne le grenier de l’Afrique de l’Ouest, un grenier qui nourrit les maliens et gagne de l’argent en exportant.

Sur l’Emploi des Jeunes

Seule la croissance économique, la transformation de nos productions agricoles peuvent créer de façon significative et durable des emplois.
Si nous transformons sur place nos productions nous créons des emplois et autre valeur ajoutée.
Si nous réduisons au minimum les exportations de bétail sur pied, si nous arrivons à mettre en place des abattoirs aux normes internationales pour exporter la viande, nous bénéficierons sur place de ce que les spécialistes appellent le « 5e quartier ». Nous pourrons tirer profit de la peau des cornes qui seront traitées industriellement.

Si nous installons des unités de conservation de lait au lieu d’importer pour 15 milliards de produits laitiers par an, nous créerons des emplois.
Pour avoir des cadres pour occuper ces emplois il nous faudra, comme je le propose depuis des années, repenser notre politique d’éducation et de formation pour l’adapter aux exigences d’un monde en mutation et à celle de notre économie réorientée. Cela requiert des instituts et des écoles de formation aux métiers dont l’économie a besoin.

Les NTIC bien maîtrisées nous fournissent de grandes opportunités d’emplois que je ferai explorer.
Les mesures que je préconise pour assurer la sécurité alimentaire créeront des emplois dans le milieu rural et généreront des revenus.
C’est à ces conditions que nous parviendrons à résoudre la question de l’emploi des jeunes. Pas avec des formules de saupoudrage comme l’APEJ qui n’est qu’une agence de stage et d’emplois précaires.

Tout est une question de gouvernance

Le Mali mérite un leadership compétent et efficace pour régler les problèmes du pays.
Encore une fois, ce n’est pas avec la ruse, le double langage, la duperie comme méthode de gouvernement, qu’on peut résoudre les problèmes du Mali. D’où la nécessité d’une nouvelle gouvernance moderne, démocratique que je propose au peuple malien et à la jeunesse malienne.


18 avril 2007.