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Mesdames et Messieurs les personnalités et représentants des associations de l’Orient de notre pays, généralement considéré et appelé Nord du Mali !

Mesdames et Messieurs les représentants du corps diplomatique et des organismes de coopération,

Mesdames et Messieurs,

Camarades et amis !

Il me plaît de prendre la parole, à J-31 d’une élection cruciale pour notre pays (la présidentielle) pour vous exposer les grandes lignes de la politique que j’envisage de mettre en œuvre dans le Nord si, par la grâce de Dieu, le peuple souverain du Mali me confiait les destinées de notre pays.

Il s’agira d’une grande politique d’unité, de cohésion et d’intégration nationales dont les piliers seront la sécurité, la stabilité et le développement. Il s’agira d’une grande politique mûrement réfléchie et mise en œuvre avec détermination, esprit de suite et de responsabilité avec la conviction que Tombouctou, Gao, Kidal et Ménaka ne sont pas ailleurs, mais ici au Mali, chez nous.

Il s’agira d’une politique aux antipodes de l’amateurisme, de l’improvisation et du pilotage à vue qui ont caractérisé l’action du Gouvernement ces cinq dernières années.

Dès l’instant que ma conviction profonde est qu’un autre Mali est possible, il va de soi que je pense qu’une autre politique du Nord est possible, qu’elle est même nécessaire si nous voulons éviter à ce pays d’autres convulsions, d’autres crises qui finiront par entamer la stabilité, le développement et la coexistence entre les communautés de notre pays.

Si je suis élu président de la République, je créerai dès le 9 juin 2007 un grand ministère chargé du développement des régions sahariennes et sahéliennes afin que les problèmes du Nord soient, chaque semaine, autour de la table du Gouvernement.

Si je suis élu président de la République, je mettrai en place à la Présidence une cellule stratégique chargée de l’unité et de l’intégration nationales.

Si je suis élu président de la République, je favoriserai aussi l’intégration sous régionale en encourageant la coopération transfrontalière notamment dans les zones nomades dont l’aire culturelle et économique est plus vaste que les limites de nos Etats actuels.

Si je suis élu président de la République, je ferai prendre par le Gouvernement des mesures en vue de créer à partir de 2008 des internats dans les lycées de Tombouctou, Gao et Kidal pour favoriser le brassage entre les générations montantes et donner l’occasion à des jeunes originaires d’autres régions du Mali de s’imprégner des réalités sociologiques, culturelles et linguistiques du Nord.

Si je suis élu Président du Mali, je veillerai particulièrement à la restauration de l’Etat au Nord, à sa crédibilité et au renforcement de ses symboles aujourd’hui dévalués.

Si je suis élu président de la République, ce serait la fin de l’Etat insouciant qui fait du Mali la risée de nos voisins.

L’Histoire de notre vieux pays retiendra que c’est sous un Chef d’Etat général d’armée, que le territoire de notre fière République est devenu une passoire pour des groupes armés étrangers et même pour des armées étrangères.
Qui ne se souvient, qui n’a pas eu mal au Mali quand, en 2003, des éléments du GSPC s’est retranchés chez nous avec leurs otages occidentaux ? Qui n’a pas été gêné quand le nom de notre pays a été associé à une vulgaire histoire de paiement de rançon aux preneurs d’otages ?

Quel Malien n’a pas été envahi par un immense sentiment d’impuissance et de frustration quand, en juin 2004, l’armée du dictateur Maawiya Ould Sid’Ahmed Taya a poursuivi «les cavaliers du changement» à l’intérieur du Mali sur des centaines de kilomètres ? Modibo Kéïta, Mahamane Alassane Haïdara, Abdoulaye Soumaré et vous intrépides résistants de la Tamesna, de l’Adrar des Ifoghas et de l’Azawad, réveillez-vous ! Votre Mali est la risée des autres !

Si je suis élu président de la République, je veillerai à équilibrer les relations entre le Mali et les pays d’Afrique du nord et ceux du Moyen-Orient. Tantôt en lune de miel avec la Libye en vouant l’Algérie aux gémonies, aujourd’hui avec l’Algérie en tenant la Libye à l’écart et le Maroc à distance, ce n’est pas cela le Mali !
Tout au long de son histoire millénaire, ce pays a entretenu avec les peuples au nord du Sahara des relations multiformes qu’il convient de consolider !

Mesdames et Messieurs,

Les conclusions du forum qui vient de s’achever à Kidal doivent être mises en œuvre dans le cadre d’une grande politique de d’unité, de cohésion et d’intégration nationales. Il ne faut pas attendre la prochaine manifestation de mauvaise humeur ou le prochain coup de feu pour commencer à agir. Le Nord mérite une attention de tous les jours, de tous les instants. Les événements du 23 mai 2006 sont les conséquences de l’immobilisme qui a caractérisé l’action du président de la République ces cinq dernières années.

Par immobilisme, j’entends la politique du sur-place ; en parlant d’immobilisme, je veux dire la propension à ne régler les problèmes avec courage et détermination, la tendance à ne pas anticiper, à ne pas réformer alors que la situation l’exige !

La gouvernance que j’envisage d’instaurer si le peuple souverain du Mali me fait confiance, sera une gouvernance démocratique, moderne et prévisible.

Qu’Allah bénisse et protège le Mali ! Qu’IL assiste son peuple !

Je vous remercie !

29 mars 07