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Investi par le Parti pour la Renaissance Nationale (PARENA) pour porter ses couleurs à l’élection présidentielle prochaine, Tiébilé Dramé ne cache plus sa volonté de battre à plate couture l’actuel locataire de Koulouba, Amadou Toumani Touré, le 29 avril prochain. Avec naturellement l’engagement des militants du Parena et du FDR (Front pour la Démocratie et la République).

Le président candidat Tiébilé Dramé donne les raisons de sa candidature à la magistrature suprême. « Je suis candidat, parce que mon parti et moi, nous avons des idées, nous avons des projets et une ambition pour le Mali… » disait le porte flambeau du parti du bélier blanc. Pour lui, l’élection présidentielle est une élection assez importante à laquelle il faut participer en proposant aux Maliens un choix qui est la vision du Parena et son projet pour le Mali. Ce projet, le parti de Tiébilé Dramé, l’a déjà élaboré sous forme de livret à l’attention du peuple malien qui subit au quotidien tous les actes que pose le Président de la République. Le Parena, aussi y participe, c’est pourquoi son président candidat, affirme qu’aujourd’hui « la République du Mali, la démocratie malienne sont en danger« . Une justification de sa candidature à la présidentielle d’avril.

Le Parena a soutenu de 2002 à 2006 le Président Touré dans toutes ses initiatives, du consensus politique aux accords d’Alger. Mais brusquement ce soutien s’est arrêté au moment où ATT se préparait à briguer un second mandat.

Pourquoi la rupture ? Cette rupture qui a conduit le Parena et Tiébilé Dramé au FDR, le regroupement qui se propose de battre ATT à l’élection présidentielle de 2007. Le président du Parena explique que dans tous les cas, son parti a joué sa partition en soutenant même aveuglement le Président de la République.
« Quand on a soutenu un homme pour son élection, quand on l’accompagne tout au long de son mandat, quand on a stoïquement fermé les yeux sur tous les traitements infligés à notre parti, quand on a estimé tout au long de son mandat que la parole de notre parti, l’engagement de notre parti, allaient au-delà des actes ponctuels, quand enfin, en septembre 2006, nous avons eu la preuve que notre partenaire qu’est le Président de la République nous a poignardés dans le dos, alors nous avons réalisé que notre engagement était unilatéral… », a souligné Tiébilé Dramé qui est affirmatif sur l’auteur principal de la rupture. « Ne tournons pas autour du pot : la cabale montée contre le président du Parena au sujet du dossier du Sommet Afrique-France nous a définitivement donné la preuve que notre partenaire, le Président de la République, n’est pas fiable dans la collaboration… ».
Contrairement à ce que croient certaines personnes, la rupture entre le Parena et le Président Touré ne prend pas sa source à partir du dossier de la CASCA. « Le dossier de la CASCA, s’il y en a, est venu bien plus tard. Je pense qu’il date de janvier ou février. Nous avons le dossier de la CASCA et un rapport du Contrôle d’Etat qui a été manipulé, tripatouillé à la Présidence de la République et transmis à la justice… », a indiqué le président Dramé pour qui cela vaut cause de rupture. Car disait-il, « la morale existe en politique. On n’accepte pas d’être poignardés dans le dos quand on est compagnons, quand on est amis. C’est la raison pour laquelle, le Parena a passé en revue l’ensemble de son compagnonnage politique avec le Président de la République et a décidé que non seulement nous n’y gagnons rien, mais en plus que nos appels au président pour gérer le pays autrement n’ont jamais été entendus… ».

Ce bilan fait, le Parena, selon son président, a décidé de s’éloigner du Président Touré en lui notifiant sa non participation à la signature de la plate-forme ADP (Alliance pour la Démocratie et le Progrès) qui vise à préparer sa réélection. Cette non participation est aussi la conséquence d’une crise de confiance entre le Président Touré et le Parena. Parlant du régime d’ATT, Tiébilé Dramé affirme que le Président de la République a raté avec le consensus l’occasion de faire les grandes réformes politiques, administratives, éducatives, sécuritaires et de la justice. « Malheureusement, le consensus n’a été que le temps du surplace, le temps de tourner en rond… », a précisé l’ancien ministre des Affaires Etrangères, qui, comme le jour de son investiture, est revenu sur sa demande à ATT à se limiter à un seul mandat. « Le Président ATT est un monument de notre histoire… c’est pourquoi, je l’invite à nouveau à ne pas briguer un second mandat. Cela peut contribuer à tenir son image… », a martelé le premier vice-président du FDR.

I. Maïga

21 mars 07