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L’Union des journalistes pour la défense des droits des hommes de médias et la société civile a tenu un meeting devant la Maison de la presse. L’objectif dudit meeting était de demander à l’autorité judiciaire, l’annulation totale des charges contre le journaliste Ras Bath. Au terme du rassemblement, le président de ladite Union des journalistes, Tidiani Tangara, s’est entretenu avec notre reporter. C’était le 29 octobre 2016.

Le Reporter : Quel était l’objet de ce meeting ?
Tidiani Tangara : L’objet de ce meeting est la suite logique de notre démarche de soutien à notre confrère, Mohamed Youssouf Bathily dit Ras Bath, qui est mis sous contrôle judiciaire depuis 3 mois. Nous avons voulu organiser une grande marche pacifique le samedi 29 octobre 2016 sur la Place de la liberté, pour dénoncer les atteintes graves portées à la presse et à la liberté d’expression de Ras Bath par le ministre de la Justice. Mais, la mairie de la commune III du District de Bamako a tout simplement refusé de nous donner l’autorisation de marche. Du coup, nous avons décidé de transformer cette marche en un meeting devant notre Maison mère, la Maison de la presse. C’est ce qui témoigne la présence de cette foule venue de tous les horizons. Nous avons remarqué qu’au Mali, la corruption, le népotisme, l’injustice, la privation de la liberté d’expression…ont élu domicile depuis l’installation de ce gouvernement. Le cas le plus frappant est celui de l’affaire Mohamed Youssouf Bathily dit Ras Bath, dans laquelle ses droits et statut ont été complètement violés par le ministre de la Justice, Me Mamadou Ismaël Konaté, et son système. Nous voulons juste rappeler que la mise en accusation de Ras Bath est une violation des articles : 33, 34,60, et 61 de la loi N0 du 7 juillet 2000, portant sur le Régime et Délit de presse. Nous dirons que Ras Bath a notre soutien indéfectible.

Dans cette situation de confusion totale, qui pointez-vous du doigt ?    

Nous pointons du doigt le ministre de la Justice pour son parti pris dans cette situation d’injustice, parce qu’il a contourné le pouvoir public qu’on lui a confié, pour faire un chantage à notre confrère. Et pourtant, il avait demandé à Ras Bath de lui confier des dossiers des gens au mois de juillet dernier. Quand notre confrère a refusé son jeu, en ce moment, il a décidé de le réprimer par la loi. Le pouvoir public est de donner la légalité de la justice à tout Malien. Ce contournement de la loi de presse au profit de la loi du droit commun, pour prendre des mesures restrictives contre la liberté d’expression, est une première au Mali et une atteinte grave à l’avenir de la presse au Mali. Cette pratique est une insulte à la mémoire des martyrs du 26 mars 1991 et est indigne d’un pouvoir démocratiquement élu. Après tout ça, il y a 2 ans, que Ras Bath anime des émissions sur les radios de la place. Si on doit l’arrêter, on doit l’arrêter conformément à la loi qui frappe la presse. Ce qu’on lui reproche est un délit de presse ; il doit lui-même se défendre à la barre, devant un juge d’instruction, car il doit être pris comme complice et non coupable. Ce sont les Directeurs des radios qui ont autorisé notre confrère à parler sur les antennes ; ce sont eux qui doivent être convoqués par le juge, et Ras Bath viendra comme complice pour s’expliquer sur la véracité de ses dossiers. On ne doit pas le priver de parler. Le ministre de la Justice applique la loi de la jungle.
En tout cas, un journaliste ne doit pas être emprisonné pour ses opinions. Nous demandons tout simplement au ministre, l’abandon et l’annulation totale des charges contre notre confrère, sinon nous préparerons une action d’envergure dans les jours à venir. Nous réitérons notre soutien indéfectible à Ras Bath au prix de notre vie.

Au cas où vos démarches entreprises échoueraient, que feriez-vous dans les jours à venir pour la levée des restrictions ?

Nous savons que nos démarches ne vont pas échouer, car nous sommes dans la légalité. Mais, je profite de votre micro pour lancer un vibrant appel aux plus hautes autorités, à revenir sur leurs décisions de restrictions de liberté de notre confrère. Je lance aussi un appel à mes confrères de radios, de télévisions et des journaux, à créer un syndicat fort afin de défendre, à chaque fois, les journalistes lésés par la justice. Dans les prochains jours, nous tenons à formuler une autre demande d’autorisation de marche. Mais, si elle est bloquée, nous allons faire un sit-in devant le ministère de la Justice… La liberté de la presse ou rien !

Propos recueillis par Ousmane Diakté/Stagiaire

Le Reporter du 01 Novembre 2016