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A côté de l’agriculture et des mines, l’élevage constitue une des mamelles de l’économie malienne pour ne pas dire un atout majeur entre les mains de notre pays. Un atout que le Mali peine encore à abattre alors qu’avec ses différentes filières plus stratégiques les unes que les autres, que sont la filière bétail sur pied, la filière viande, la filière lait, la filière peaux et cuirs et la filière sous-produits de l’élevage, l’élevage peut rapporter au Mali au moins 3 points de croissance.

La filière des peaux et cuirs peut, à elle seule, jouer un rôle crucial dans ce challenge. Mais force est de constater qu’on est très loin de ce scénario idéal. A preuve, il y a quelques temps, le responsable d’un projet au Mali établissait un parallèle entre les filières peaux et cuirs tunisienne et malienne. De cette comparaison, il est apparu que le Mali produit annuellement deux fois, voire trois fois plus de peaux et cuirs que le Mali. La production des peaux et cuirs tourne au Mali autour de 2 millions d’unités, contre un peu plus de 500 000 pour la Tunisie. Mais pendant que les peaux et cuirs rapportent 120 milliards de FCFA à la Tunisie, le Mali peine à en tirer…5 milliards de FCFA. A la base de ce paradoxe il y a, entre autres, il y a un manque total de volonté politique visant à valoriser le secteur qui est, par ailleurs, laissé en jachère et dans l’inorganisation. Sa valorisation passe par un travail en amont avec en ligne de mire la qualité des peaux et cuirs.
On se rend compte qu’en la matière cette qualité est dégradée à l’occasion des opérations de marquage. C’est par dizaines de milliers que les peaux et cuirs sont détériorés au niveau du dépeçage par les bouchers. Un simple encadrement de ceux-ci au cours duquel on leur montrerait les bonnes pratiques éviterait de tels gâchis.

Mais c’est surtout dans la transformation et la valorisation sur place des peaux et cuirs que notre pays tirera le plus grand profit de cette filière. Autrement, nous continuerons par les exporter sous forme brute par camions-remorques sur le Ghana, le Burkina et surtout le Nigeria où ces peaux et cuirs finissent assez souvent dans l’assiette du consommateur de ces pays.

Dans le cadre d’un partenariat mutuellement avantageux, le Mali gagnerait beaucoup à initier une coopération ave le royaume du Maroc dans le domaine de la valorisation des peaux et cuirs pour la simple raison que ce pays jouit d’une grande expertise en la matière fruit d’une tradition millénaire. Les villes de Marrakech et de Fès ont une réputation mondialement reconnue dans le domaine de la maroquinerie. Grâce au partenariat avec le royaume chérifien, l’on se surprendre à rêver à l’émergence de chaînes de valeur au Mali autour des peaux et cuirs avec pour objectif la création de centaines, voire de milliers d’emplois pour les jeunes.

22 Septembre du 26 Août 2013