Partager

L’or ne brille pas pour tous les Maliens. Ce slogan a la vie dure au Mali. Mais, derrière la formule, se cachent des réalités moins reluisantes. En effet, malgré le fait que le Mali soit le 3ème producteur du métal jaune en Afrique, derrière l’Afrique du Sud et le Ghana – il pourrait même devenir le 2ème producteur si le pays s’en donnait les moyens – 60% de Maliens continuent de vivre en dessous du seuil de pauvreté, avec moins de 2 dollars par jour.

Ce qui suppose une mauvaise répartition des richesses. Certaines des communautés d’accueil des mines, appartenant pour la plupart à des multinationales, vivent dans l’extrême pauvreté, manquant cruellement d’infrastructures socio-économiques de base: routes, écoles, centres de santé.

C’est pourquoi la 5ème édition des Journées minières et pétrolières, dont les travaux se sont déroulés du 12 au 14 novembre au Centre International de Conférences de Bamako, a choisi «Mines et développement communautaire» comme thème central. Pour que l’or brille effectivement pour tous les Maliens, il faut que ces pauvres populations voient leurs conditions d’existence améliorées.
Pour que le métal jaune brille pour tous les Maliens, il faut que le Mali arrive à contrôler sa production d’or. Il se trouve que, dans un passé récent, un ministre de la République a avoué sur les antennes de l’ORTM, que le Mali n’avait pas les ressources humaines nécessaires pour contrôler sa production aurifère. Ce qui laisse penser que les multinationales peuvent faire ce qu’elles veulent, sans être soumises à aucun contrôle.

Pour que l’or brille pour tous les Maliens, il faut que l’Etat se donne les moyens de valoriser sur place notre métal jaune, avec pour ambition de créer de la richesse et de l’emploi. Il faut l’Etat aide à l’émergence de compétences nationales, à travers, entre autres initiatives, la mise en place d’une Ecole des mines.
Pour que l’or brille pour tous les Maliens, il faut aider, sans délai, le financement de la recherche minière et la formation des ressources humaines, pour la relève du personnel actuel, qui a blanchi sous le harnais et qui a tout donné au pays. Et renforcer la motivation de celui qui a encore la main à la pâte et sans lequel il n’y a pas de découverte minière.

Pour que l’or et, au-delà, les autres substances minières, brillent pour tous les Maliens, il faut faire en sorte que les recommandations formulées à l’issue de la 5ème édition des Journées minières et pétrolières ne dorment pas dans les tiroirs, comme on a, hélas, l’habitude de le voir dans notre pays.
Il s’agit, entre autres, de mettre en place un mécanisme approprié, pour faire du secteur minier un levier de développement socioéconomique et un instrument pour booster d’autres sous-secteurs, d’améliorer et d’assainir les procédures d’attribution des titres miniers, d’organiser l’exploitation minière artisanale et de l’intégrer progressivement dans le tissus productif formel.

Il s’agit aussi d’aider à l’implantation d’une nouvelle unité industrielle de phosphates dans le Tilemsi, à la mise en place d’un mécanisme visant à faciliter l’implantation rapide de l’unité industrielle de chaux de Bafoulabé, d’entreprendre la cartographie géologique détaillée et l’inventaire minier du Mali, pour la découverte d’autres gisements.
Il s’agit, enfin, d’inciter les collectivités locales à diversifier l’employabilité des jeunes dans des secteurs porteurs autres que le secteur minier, de faire la promotion de la recherche du calcaire, pour le soutien à l’industrie aurifère et l’amendement des sols, de favoriser la création de la bourse de sous-traitance, en vue d’améliorer la qualité des services et des biens dans l’industrie minière, de stimuler l’intégration des mines dans l’économie et, in fine, d’encourager la SFI à soutenir le financement des PME / PMI opérant dans le secteur minier au Mali.

Yaya Sidibé

22 Septembre du 18 Novembre 2013