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C’est le Premier ministre Oumar Tatam Ly lui-même qui a révélé, à la faveur de la 11ème session du Conseil National de la Sécurité Alimentaire dont les travaux se sont récemment tenus au Centre international de Conférences de Bamako, qu’environ 800 000 personnes seront assistées sur le plan alimentaire et nutritionnel, des populations vulnérables qui se recrutent principalement au centre et dans le septentrion du Mali.

Un euphémisme primatorial pour dire que ces gens sont en insécurité alimentaire. Certains parlent même déjà de crise alimentaire majeure. Selon toujours les statistiques avancées par le Premier ministre, le nombre de cette catégorie de population était respectivement de 4,6 millions en 212 et 1,5 million en 2013. Comme facteurs expliquant cette situation, pour le moins préoccupante, l’on pense naturellement à la crise multidimensionnelle dont notre pays est en train de sortir lentement mais sûrement. Mais la cause principale de ce déficit, qui tend à devenir structurel, réside dans les aléas climatiques ou, plus exactement, dans l’insuffisance et la mauvaise répartition des pluies.

Au regard des immenses potentialités agricoles dont Dieu a doté notre pays, cette crise alimentaire est, pour le moins, paradoxale. Elle n’est pas digne du Mali ni des Maliens. Voilà un pays qui a la chance d’être traversé par deux grands fleuves : le Niger et le Sénégal. Une situation qui lui vaut de disposer d’une grande quantité d’eau de surface allant de 110 milliards de m3 d’eau en année pluvieuse à 30 milliards en année sèche. Et surtout d’un stock imposant d’eaux souterraines de 2 740 milliards de m3 avec un renouvellement annuel de 66 milliards de m3.

Les superficies jugées aptes à l’irrigation sont évaluées à près de 2 200 000 ha. Cependant, les superficies aménagées ne dépassent guère 15% de ce potentiel. L’Office du Niger, le géant agroindustriel du Mali, dispose à lui seul d’un million d’hectares de terres irrigables dont à peine le dixième a été aménagé. Pourquoi ne pas, par exemple, chercher à se soustraire des aléas de la nature en mettant l’accent sur la maîtrise des eaux de surface ? Sur la même lancée, pourquoi ne pas chercher à valoriser intelligemment les immenses réserves d’eaux souterraines que notre sous-sol recèle en les exploitants au service de l’agriculture, de l’élevage, de la reforestation et de l’approvisionnement des populations en eau potable ?

Pour ce faire, il est nécessaire de localiser et d’évaluer ces gisements d’eau au moyen, par exemple, de la télédétection ou d’autres technologies appropriées, d’en connaître la répartition géographique, leur importance quantitative et leur qualité, entre autres caractéristiques.
Il s’agira, ensuite, de mettre en œuvre un programme d’exploitation via des systèmes d’irrigation pour cultures vivrières et fourragères et l’approvisionnement en eau potable des populations.
Cette dynamique devra intégrer des systèmes d’exhaure innovants utilisant l’énergie solaire ou l’énergie éolienne et l’utilisation des systèmes d’économie d’eau à l’image de l’irrigation goutte-à-goutte avec pour objectif plusieurs récoltes par an à travers des cultures de contre-saison.

Des pays comme l’Australie et l’Afrique du Sud ont réussi ce pari en allant chercher de l’eau à plusieurs centaines de mètres sous la terre avec certainement moins d’avantages comparatifs que le Mali. Alors pourquoi pas le nôtre ?
Cette idée pourrait faire l’objet d’un projet dont le financement sera soumis à nos partenaires bilatéraux et multilatéraux comme le Banque mondiale. Elle dispose d’un fonds dédié au financement des projets d’atténuation des effets du changement climatique.

22 Septembre du 3 Février 2014