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Le projet «Recherche Géologique et Etude du Secteur Minier» autrement appelé projet SYSMIN, financé par une subvention du Fonds Européen de Développement (FED) à hauteur de 15 millions d’euros, soit environ 10 milliards de FCFA, a permis l’identification de 941 indices miniers, dont 396 nouveaux.

Au nombre des nouveaux indices figurent en bonne place un grand potentiel pétrolier dans la zone de Yélimané – Sandaré – Bafoulabé -Nioro du Sahel (en plus des cinq bassins sédimentaires déjà connus). S’y ajoutent 37 nouveaux indices de bauxite avec des teneurs supérieures à 60%, contre une moyenne internationale de 43%, décelés dans le cercle de Kita, de l’or, du diamant, du cuivre, du zinc, du nickel, du plomb, de l’arsenic, du chrome, du lithium, du fer, du kaolin et du vanadium.

Les résultats du volet de géophysique aéroportée, qui a couvert environ 80 000 km2 (8 millions d’hectares), sont très satisfaisants. Ces résultats ont donné naissance à un autre projet, dénommé recherche des structures kimberlitiques dans la zone de Bougouni. Ce projet a mis en évidence environ 500 indices qui ressembleraient à des kimberlites, un type de roche hébergeant généralement le diamant. A rappeler que dans la zone de Kéniéba il y a environ 30 kimberlites sur lesquelles 8 sont diamantifères. Dans le cas de la zone de Bougouni, 5 indices de géologie aéroportée ont signalé la présence de roches liées à la kimberlite.

Quant à la cartographie de Yélimané – Sandaré – Bafoulabé – Nioro du Sahel, elle a permis la découverte de 220 indices de pierres semi-précieuses, dont 100 nouveaux, comme la calcédoine, le grenat et la préhnite. Dans la même zone, des indices de fer et de calcaire ont également été identifiés.
Le projet a également mis en en place un SIG (Système d’Information Géographique). Il a produit 13 cartes géologiques à l’échelle de 1/200000ème, deux cartes géologiques à l’échelle de 1/500000ème et 82 cartes géochimiques, toujours à l’échelle de 1/200000ème.

Lancé le 10 février 2 000, le projet a pris fin le 31 décembre 2007. L’Etat malien se devait d’évaluer ces différents indices miniers et de procéder à leur promotion auprès des investisseurs potentiels nationaux et étrangers. Malheureusement, l’Etat malien a cru bon de ne rien faire dans ce domaine, en se contentant d’exploiter les réserves existantes d’or.

Le risque, c’est que ces réserves prouvées d’or, qui totalisent 500 tonnes de métal jaune, pourraient s’épuiser en l’espace de 10 ans. Et bonjour les lendemains de l’après or qui déchantent. L’Etat, en la matière, devrait avoir une démarche proactive pour pérenniser l’exploitation aurifère, mais aussi celle des autres métaux de base. Le Burkina, qui l’a bien compris, a massivement investi dans la recherche minière. Résultat: il se trouve aujourd’hui avec une production de 30 tonnes d’or par an, contre 5 tonnes il y a quelques années seulement.

Au Mali, l’on est en passe de sortir de la monoculture de l’or pour … tomber dans le tout pétrole. Au regard du formidable potentiel géologique de notre sous-sol, il urge que l’Etat aide au financement de la recherche minière pour impulser le développement. Les ressources financières provenant de la manne minière peuvent être injectées dans des secteurs à fort potentiel de développement, comme l’éducation, la santé, les infrastructures, l’agriculture, le secteur privé, l’industrialisation…

D’autant que le projet SYSMIN n’a couvert que 700 000 km2, soit sensiblement un peu plus de la moitié du territoire national, le Mali faisant 1 242 000 km2. Les partenaires techniques et financiers du Mali, qui ont fait des promesses de financements totalisant les 3,2 milliards de FCFA, sont aussi interpellés par la question.

Yaya Sidibé

19 Août 2013