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A l’issue de la Conférence des donateurs pour le Mali qui vient de se tenir à Bruxelles le 15 mai dernier et qui a regroupé 108 pays et institutions internationales 3,2 milliards d’euros, soit environ 2 100 milliards de FCFA, ont été annoncés par les partenaires techniques et financiers en faveur de la reconstruction du Mali. Ce pactole dont la première partie, soit le 1/3, est attendu avant la tenue de l’élection présidentielle dont le premier pour est prévu pour le 28 juillet.

Une douzaine de domaines prioritaires avaient été définis, avant même la Conférence internationale, pour l’utilisation de cette aide, un mini plan Marshall, dont une partie est octroyée sous forme de dons et l’autre sous forme de prêts. Les domaines prioritaires vont des réponses aux urgences humanitaires et aux conséquences de la crise à l’organisation des élections crédibles et transparentes à la garantie du bon fonctionnement de la justice et la lutte anti-corruption en passant par la relance de l’économie via l’appui au secteur privé, le renforcement de l’agriculture , l’investissement en infrastructure et l’emploi des jeunes. S’y ajoutent l’accès à des services sanitaires de qualité pour tous, la promotion de la paix et de la sécurité et l’intervention des services de l’Etat sur l’ensemble du territoire, la réforme des finances publiques et l’approfondissement de la gouvernance par le processus de décentralisation pour un développement équilibré du territoire et la réforme de l’Etat.

Le secteur de l’électricité se retrouve dans ces thématiques tant dans la rubrique investissement en infrastructures que dans celle relative aux conséquences de la crise. Comme priorité des priorités, les autorités compétentes seraient bien inspirées de saisir l’aubaine pour résoudre la grave crise énergétique que notre pays traverse actuellement. Cette crise menace de paralyser toute la vie économique et sociale du Mali. D’autant que la grande masse des artisans vivent au jour le jour du fruit de leur métier-menuiserie métallique, soudure, collage de pneus, charge batterie, vente d’eau glacée ou fraîche pour les femmes-sans compter les grosses unités industrielles et l’administration d’Etat, le confort des particuliers et des ménages. A brève échéance, c’est le pourrissement du climat social et la mort programmée des unités industrielles avec sa cohorte de drames sociaux consécutivement à la mise en chômage des chefs de famille. Il est désormais impossible de travailler dans ce pays à cause des délestages sauvages. Lénine, parlant de l’importance du courant, ne disait-il pas que le socialisme c’est l’électricité plus la propriété privée ?
Ce serait bien de saisir cette manne céleste pour aider EDM SA, en bute à une tension de trésorerie sans précédent, à éponger ses dettes auprès de ses fournisseurs en hydrocarbures et, pourquoi pas, s’offrir une nouvelle centrale thermique. En attendant la mise en service des centrales hydroélectriques de Félou et de Gouina. La paix sociale et la relance de l’économie sont à ce prix.

Yaya Sididé

22 Septembre du 27 Mai 2013

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Délestages intempestifs : le ministre Makan Tounkara s’explique

Face à la colère des consommateurs qui ne cesse de monter, le ministre de l’Energie et de l’Eau, Makan Aliou Tounkara, a tenu à s’expliquer devant la presse sur les coupures intempestive auxquelles font face, en longueur de journée, les populations en cette période de grande chaleur.

Dans son plaidoyer, le ministre Tounkara a justifié essentiellement ces délestages en deux mots. Il s’agit de la tension de trésorerie à laquelle fait face EDM-SA et la vétusté des installations de la société EDM-SA et la Société de gestion du patrimoine de l’eau potable. A ces maux s’ajoutent les pannes techniques enregistrées sur certains groupes électrogènes d’EDM-SA dans certaines centrales thermiques. C’est le cas de la centrale de la SOPAM et du barrage de Sélingué où la société a perdu au moins trois groupes qui sont tombés en panne. Cette situation est accentuée par le fait qu’EDM-SA est en manque de ressources pour assurer la maintenance de ses installations. Cela à cause d’une crise de trésorerie aigüe.

En effet, la Société EDM-SA, au chiffre d’affaires de 90 milliard de FCFA, croule sous une dette de 22 milliards de CFA envers ses fournisseurs en carburants, 20 milliards pour les autres fournisseurs et plus de 25 milliards envers les banques. Pour Makan Tounkara, à cause de cette situation, les fournisseurs ont cessé de fournir parce qu’eux mêmes avaient des problèmes aves les banques partenaires. D’où le recours aux achats ponctuels de carburants pour alimenter les centrales. Tout en affichant sa volonté de sortir au plus vite de cette situation, le ministre Tounkara a insisté sur le paiement des factures comme alternative pouvant permettre à EDM-SA de voir le bout du tunnel.

Yaya Samaké

22 Septembre du 27 Mai 2013

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Coupures repétitives d’eau et d’électricité : le Ministre Makan Aliou Tounkara s’explique

Depuis plus d’un mois, Bamako et ses environs connaissent des vagues de délestage d’électricité et de coupure d’eau qui durent parfois toute une journée. Face à cette situation que certains qualifient de mauvaise gestion, le Ministre de l’énergie et de l’eau, Makan Aliou Tounkara, était face à la presse le vendredi 24 mai 2013, en compagnie du Directeur général de l’EDM et le PDG de la Somagep, pour étaler les vrais raisons et les solutions à court et long termes.

L’arrêt de la fourniture d’électricité de Côte d’Ivoire, 30 mégawatts, le manque d’entretien des installations, la faible capacité des stations compactes pour répondre aux besoins de Bamako et environnant en eau potable et les difficultés de trésorerie. Voilà entre autres les facteurs qui entrainent un déficit de production à EDM et à la Somagep (Société malienne de gestion de l’eau potable).
Il y a longtemps que les coupures n’avaient pas atteint une telle ampleur au Mali. Si à Bamako les populations crient au scandale, dans les villes de l’intérieur, c’est la catastrophe avec très souvent des jours entiers sans électricité.

Parlant de l’incapacité de la Somagep à répondre aux besoins de Bamako et environnant en eau potable, le Ministre de l’énergie et de l’eau fait l’état des lieux des installations de production d’eau qui assurent la desserte de Bamako et de Kati avec un déficit de 200 000m3 par jour. Selon le Ministre, avec les stations compactes de Djicoroni et de Magnambougou, la Somagep n’est pas en mesure de satisfaire la demande de la population. Face à ce déficit de production, le gouvernement a engagé un vaste programme de construction de stations compactes notamment à Missabougou et à Kalabancoro en attendant de boucler le financement de la grande station de Kabala qui permettrait à la Somagep de disposer de plus de 240 000m3 par jour. Mais malheureusement, le coup d’Etat du 22 mars a entrainé l’arrêt des travaux.
Pour résoudre définitivement le problème d’approvisionnement de Bamako et de Kati, le gouvernement compte sur l’accompagnement des partenaires techniques et financiers avec un engagement de 193 milliards pour la construction de la grande station de Kabala sur une période de quatre ans. Ce financement sera disponible à condition que le gouvernement joue sa partition avec la mise en œuvre de la réforme du secteur eau et électricité.

Tout comme la Somagep, la société Energie du Mali traverse une période difficile suscitant la colère des usagers en raison des récurrentes coupures d’électricité depuis des mois.
Pour le Ministre Makan Aliou Tounkara, cette situation est le résultat de plusieurs circonstances déplorables. Face aux défaillances de la société dans sa mission de service public, les différents gouvernements se sont engagés à répondre aux demandes de façon continue avec une tentative de cession de l’EDM à un groupe d’entreprises. Mais malheureusement, la concession a été annulée pour faute de cohésion dans ce groupe pour la réalisation des objectifs. En plus de ce premier facteur, la société est structurellement déficitaire.

Sur un chiffre d’affaire de 90 milliards de franc Cfa hors taxe, l’EDM est endettée à hauteur de 70 milliards. Face à cette situation, les fournisseurs de la société ont arrêté l’approvisionnement en fuel lourd et en gasoil, provoquant un déficit de stockage de ces combustibles. Les tensions de trésorerie empêchent également la société d’assurer l’entretien des installations. C’est pourquoi, certaines centrales ne fonctionnent malheureusement pas à plein régime. Un groupe à Sélingué, un à Manantali, Balingué et à Darsalam, et les cinq moteurs de Sirakoro Méguétan étaient tous en arrêt technique pour faute d’entretien. Le malaise a été renforcé par l’arrêt du service sur le réseau interconnecté à partir du réseau ivoirien qui assurait à la partie malienne 30 mégawatts.

L’objectif du projet est de fournir à l’avenir, environ 200 mégawatts à notre pays. Dans un premier temps, la partie ivoirienne s’est acquittée d’une partie du contrat en fournissant depuis septembre dernier, environ 30 mégawatts. Les villes de Sikasso, Koutiala, Ségou et même Bamako bénéficient de cette énergie depuis son lancement en septembre 2012.
Malheureusement, ces derniers temps, la Côte d’Ivoire ne peut plus compter sur son gaz à la suite d’un contentieux avec son fournisseur. L’arrêt des centrales fonctionnant au gaz a amené la Compagnie ivoirienne d’électricité à se rabattre sur ses installations thermiques qui pourtant ne peuvent pas répondre aux demandes de la clientèle. Voilà autant de facteurs qui expliquent l’incapacité de l’EDM à fournir correctement l’électricité.

Avec les solutions envisagées par le gouvernement à court et long termes, cette situation ne sera plus que des mauvais souvenirs pour les clients. Déjà, le problème financier a été résolu grâce au concours de l’Etat et à l’intensification des recouvrements. Les créances ont été épongées et la compagnie Ben and Co, l’un des grands fournisseurs en hydrocarbures, a repris l’approvisionnement, l’entretien des moteurs ont recommencé avec la mise en service de deux groupes à Sirakoro Méguétan.

Nouhoum DICKO

Le Prétoire du 27 Mai 2013