Partager

« La symbiose entre les populations que l’on connaissait naguère a disparu. Chez nous, il n’y a que des difficultés. Les autorités de l’Etat nous parlent d’insécurité résiduelle et d’éléments égarés, mais comment voulez-vous croire à la paix quand des gens sont tués en pleine rue et que nous souffrons de la mauvaise gouvernance ? », s’interroge Boubacar Sadek, un adjoint au maire de Tombouctou à nos confrères français du journal Le Figaro.


Cinq ans après « SERVAL » : La charia toujours appliquée dans la région de Tombouctou
La plupart des chefs qui dirigeaient la ville sous l’occupation d’Aqmi, la branche sahélienne d’Al-Qaïda ont été éliminés, mais certains poissons – petits ou gros – sont passés au travers des mailles du filet. C’est le cas de Houka Houka. Arrêté en 2013, il dirigeait la justice islamiste à Tombouctou sous le règne d’Al-Qaïda et procédait à ce titre à des amputations au nom de la charia. Il a été libéré 2 ans plus tard dans le cadre des négociations entre le gouvernement et les groupes rebelles non jihadistes. Depuis, le petit juge coupe des membres dans son fief de Zouera et réclame l’ouverture d’écoles coraniques. La déliquescence de l’Etat pousse une partie des habitants de la région à trouver ses méthodes expéditives peu choquantes. « Certains se disent que face au sentiment d’injustice généralisé la charia a du bon », confirme un journaliste local.

L’Indicateur du Renouveau du 01 Février 2018