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Cette agence est faite pour ne jamais sortir le Malien (avec petit m), qui pourtant constitue la grande majorité de la population malienne, de la pauvreté.

Voyons dans un même quartier, deux terrains de mêmes dimensions séparés par la rue. Le terrain « A » est attribué par l’ACI et l’autre « B » attribué par le district, et figurez-vous bien que les deux terrains bénéficient des mêmes servitudes (eau, électricité, réseau d’assainissement, etc.) mais « A » peut coûter jusqu’à dix fois plus cher que « B » au motif que « A » est en titre foncier.

A analyser de près, l’on peut obtenir le même TF pour « B » par les procédures normales (surtout par la procédure accélérée qui vient de prendre fin en septembre 2007) tout en restant encore 6 à 7 fois moins cher que « A » (ACI). Comme si cela ne suffisait pas, l’ACI est une agence brigande et le sujet du jour le prouve à suffisance.

Il s’agit du cas récent de Kobalacoura, qui du reste n’est pas unique. En effet, les braves populations de cette localité ont procédé au morcellement selon les règles de l’art d’une partie de leurs champs de cultures. Elles l’ont fait en collaboration avec les autorités suivantes : coutumières (chef de village et conseil), locales (maire) et administratives (sous-préfet de Baguinéda) donc pas à l’insu du préfet de Kati.

Après ce parcellement, ils ont procédé à des attributions dont certaines moyennant un montant, et selon la réglementation en vigueur avec des lettres d’attribution dûment signées et cachetées du sous-préfet de Baguinéda.

Mais quelle ne fut pas leur surprise quand un jour des agents de l’ACI sont venus à leur insu, comme des vandales déterrer les bornes, arracher les plaques des attributaires et marquer pour destruction les cases déjà construites sous prétexte que ces terrains leur appartiennent.

L’ACI est-elle au-dessus de la loi ? Pour s’octroyer des titres fonciers (TF) sans que les autorités coutumières, locales et même administratives de la zone ne soient au courant ? Et sans enquêtes commodo et incommodo ? Cela dépasse l’esprit car cette manière soldatesque de faire est semblable aux attaques de Bahanga. C’est du « terrorisme foncier ».

La proximité de ces terrains de la nouvelle zone industrielle et la construction du troisième pont de Bamako donneraient de la valeur à cette zone. Voilà ce qui a réveillé l’instinct vorace de l’ACI pour se livrer à une telle tentative de piraterie.

De grâce, au moment où le Mali se bat à travers le Cadre stratégique pour la croissance et la réduction de la pauvreté (CSCRP) et au moment où le chef de l’Etat lui-même s’investit dans le PDES et la construction des logements sociaux pour atténuer la pauvreté des (M)aliens, que l’ACI arrête de rouler à contre-courant, par des manières inappropriées et malhonnêtes de s’auto-octroyer des terrains qui appartiennent à tous les Maliens.

A défaut d’un dédommagement des attributaires, espérons que l’ACI sera assez courtoise de présenter des excuses aux populations de la localité, aux autorités mais surtout de replacer les bornes et les plaques cannibalisées. Les pauvres aussi ont le droit de se battre pour sortir de la pauvreté surtout quand c’est dans la légalité.

A suivre !

Bah Konimba

(lecteur des Echos à Bamako)

12 Août 2008