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Une délégation du comité contre le terrorisme du Conseil de sécurité des Nations Unies conduite par son directeur exécutif, Javier Rupérez, et comprenant 10 membres a séjourné dans notre pays du 2 au 6 octobre.

Objectif : prendre la mesure des progrès déjà accomplis dans la mise en œuvre de la résolution 1373 (2001) du conseil de sécurité et de faire des recommandations quant aux mesures complémentaires visant à l’application intégrale de la résolution.

A l’issue de ce séjour, Javier Rupérez a animé un point de presse dans les locaux du PNUD à Bamako. Le principal enseignement est que deux sortes de menaces terroristes éventuelles pèsent sur le Mali : l’immense étendue des frontières du Nord et les activités de certaines sectes religieuses.

La résolution 1373 (2001) du Conseil de sécurité a été adoptée le 28 septembre 2001. Elle demande notamment aux Etats membres : d’ériger en infraction le financement du terrorisme ; de geler sans délai les avoirs appartenant à des individus ou organisations terroristes et destinés à financer la commission d’actes terroristes ; de priver de tout soutien les groupes terroristes ; de refuser l’asile aux terroristes ; d’échanger des renseignements sur tous les groupes commettant ou préparant des actes terroristes ; de coopérer avec d’autres Etats dans la recherche, l’identification et la poursuite de ceux impliqués dans de tels actes ; d’extrader ou de traduire en justice les auteurs d’actes terroristes ; et de devenir parties, aussitôt que possible, aux conventions et protocoles internationaux relatifs au terrorisme.

La résolution 1373 a institué le comité contre le terrorisme comprenant les 15 membres du Conseil de sécurité et qui a pour but de veiller à la mise en œuvre de la résolution. Le Comité a été renforcé par la création de sa direction exécutive chargé de lui fournir des avis sur tous les domaines couverts par la résolution.

Elle œuvre également à faciliter la fourniture de l’assistance technique aux Etats membres afin de les aider à mettre en œuvre la résolution 1373 et à renforcer leurs capacités à combattre le terrorisme.

Pour établir un dialogue direct avec les autorités nationales des pays, la direction exécutive du comité contre le terrorisme y effectue des visites. Celles-ci, initiées en 2005, ont couvert l’Albanie, l’Algérie, le Kenya, le Maroc et la Mauritanie.

En 2006, elles se sont poursuivies avec la Jordanie, la Macédoine, la Malaisie, les Philippines et la Tanzanie. Et la semaine dernière le Mali a été concerné.

Durant leur séjour dans notre pays, Javier Rupérez et ses collègues ont eu à Bamako des séances de travail avec les autorités, les chefs des services publics et des structures impliqués, de près ou de loin, dans la lutte contre le terrorisme.

Une partie de la délégation onusienne s’est rendue à Sikasso où elle a discuté de la problématique de la lutte contre le terrorisme avec les autorités administratives ainsi que les représentants des services des douanes et de la sécurité.

La mission a été enfin reçue par le Président de la République et le Premier ministre. Au cours du point de presse du 6 octobre, l’Ambassadeur Javier Rupérez a salué la coopération totale et entière des autorités maliennes qui ont fait preuve de transparence. Toutes choses qui ont facilité le travail à sa délégation.

A l’issue des différents entretiens et discussions qu’ils ont eus avec les autorités maliennes, les missionnaires de l’ONU sont parvenus à la conclusion que le Mali est un pays de paix où le phénomène du terrorisme n’est pas aussi accentué que dans certains pays africains.

Au Mali, il n’y a pas de menace immédiate de terrorisme, a dit Rupérez, qui a cependant prévenu que deux sortes de menaces terroristes éventuelles pèsent sur le pays.

Il s’agit tout d’abord et plus particulièrement des frontières du Nord, très vastes, qui constituent un cadre presqu’idéal de perpétration d’actes terroristes.

Cet aspect incite à la plus grande méfiance. Il y a ensuite les activités de certaines sectes religieuses (l’Ambassadeur n’a pas cité lesquelles) qui pourraient évoluer à la longue vers des paramètres plus dangereux.

Selon Javier Rupérez, la visite au Mali a permis à sa délégation de situer les avantages du pays en matière de lutte contre le terrorisme et d’identifier les besoins du pays en matière d’assistance technique nécessaires à la mise en œuvre de la résolution 1373.

Ses besoins sont consignés dans un rapport provisoire déjà soumis au gouvernement. C’est sur la base du rapport finalisé que la direction exécutive du comité de lutte contre le terrorisme travaille avec les pays et les organisations donateurs afin de faciliter la délivrance d’assistance technique complémentaire dans les domaines identifiés.

Pour l’Ambassadeur Rupérez, l’aide au Mali pourrait concerner le renforcement des frontières du Nord avec des moyens logistiques suffisants, le renforcement des forces de l’ordre et de sécurité ainsi que de l’arsenal juridique et l’amélioration de l’identification des personnes.

Rappelons que le Mali a ratifié 12 des 13 conventions de l’ONU sur le terrorisme. La treizième, soumise à la signature des Etats il y a juste un an, serait dans le circuit normal qui mène à la ratification.

Sékou Tamboura

09 octobre 2006.