Partager

A la demande de l’Agence Japonaise de Coopération Internationale (JICA), le Bureau de Dakar de l’Institut d’Etude et de Sécurité (ISS) a mené une étude de 5 mois dans les différentes régions du Mali ainsi que le district de Bamako dans le but de savoir les principales causes de la radicalisation des jeunes lors la crise qui a ébranlé le Mali. Les résultats de l’étude ont été rendus publics lors d’une conférence de presse, le Mercredi 19 Octobre 2016, à l’hôtel Salam de Bamako. Un résultat qui révèle qu’en plus des motivations économique et religieuses, il existe plusieurs autres causes de radicalisation des jeunes au Mali.

Chômeurs, désœuvrés et fanatisés, c’est ainsi que sont présentés les jeunes membres des groupes armés djihadistes au Mali ; mais rares sont cependant les données empiriques en mesure d’étayer cette affirmation, explique Dr Lori-Anne Théroux-Bénoni Directrice de l’Institut d’Etude et de Sécurité (ISS) du bureau de Dakar et qui a dirigé l’équipe de recherche. Elle ajoutera que c’est pourquoi l’Agence Japonaise de Coopération Internationale (JICA) et l’Institut d’Etude et de Sécurité (ISS) ont mené une étude qui a interrogé plus d’une soixantaine de jeunes ex-engagés dans les groupes extrémistes. Elle a révélé que les questions des enquêteurs qui ont permis d’aboutir aux résultats de la recherche qui étaient entre autres : pourquoi et comment certaines personnes se sont-elles retrouvées impliquées dans les groupes qualifiés de « djihadistes » ?

Pourquoi y sont-elles restées ? Dans quelles circonstances en sont-elles sorties ? Elle a souligné qu’à l’issu des entretiens avec des ex-membres des groupes : comme AQMI, Mujao, Ansar Dine, Katiba Macina et Katiba Khalid Ibn Walid que plus d’une quinzaine de facteurs d’adhésion ressortent partant de la coercition, aux facteurs culturels, communautaires, sociologiques, ethniques, économiques, sociaux etc. Elle a indiqué qu’il ressort des entretiens qu’en plus des motivations économiques et religieuses attendues, il existe de nombreuses autres raisons.

Elle a étalé les différentes difficultés rencontrées par l’équipe des enquêteurs sur le terrain, des difficultés sécuritaires que ce soit l’équipe de recherche ainsi que des interlocuteurs et leur anonymat etc. Elle a fait savoir que les résultats de l’étude seront rendus publics afin de permettre de cerner les réelles causes d’adhésion des jeunes aux idées des groupes djihadistes et de les combattre.

Ibrahim Maiga de l’Institut d’Etude et de Sécurité et qui faisait partie de l’équipe a, lui aussi, rapporté des éclaircissements sur les causes de la radicalisation des jeunes tout en notant que même si des solutions sont apportées pour contrer efficacement l’engagement des jeunes dans les groupes armés djihadistes, il n’est pas certain que le problème soit réglé pour autant. Les groupes continueront d’exister à travers leurs leaders qui élaboreront des nouvelles stratégies de mobilisation, regrette-t-il.

Moussa Samba Diallo

20 Octobre 2016