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D’anciens apprentis chauffeurs, commerçants et autres habitués de la route Gao-Tamanrasset en Algérie sont sommés par le colonel Gamou de guider des troupes de l’armée dans le vaste désert.

Seulement voilà, un jeune apprenti chauffeur contacté par les soins du colonel Elhadj Gamou est devenu un cheveu sur la soupe du Pc opérationnel de l’armée. Le jeunot qui a pris le soin de demander l’avis de son grand frère à Bamako aurait essuyé des invectives des envoyés du colonel, grand chef des opérations militaires sur le terrain. Son frère ayant demandé à l’armée de le laisser tranquille. Dénonçant, du coup, les méthodes de la hiérarchie militaire.

Cette façon cavalière est de nature à créer une méfiance entre les populations et l’armée. Comment comprendre qu’après 50 ans d’indépendance, notre armée ne puisse pas encore maîtriser son propre territoire ? Cette interrogation est le sujet principal de conversation dans la ville qui abrite aujourd’hui le Pc opérationnel de l’armée.
On ne comprend pas non plus la manière avec laquelle Gandaïso qui a longtemps été lésé et combattu par les autorités soit mis aujourd’hui sur orbite.

Le mouvement d’auto-défense dirigé par Amadou Diallo dirige même un détachement militaire de l’armée régulière et mène des excursions dans le Gourma. Les nombreux généraux ont-ils atteint le seuil d’incompétence ? Sinon comment peut-on mettre à contribution une milice armée pour combattre une poignée d’individus se réclamant du Mnla ?

Les populations du nord ne se sentent plus en sécurité et dorment tous les soirs avec des incertitudes. Leurs craintes sont renforcées par les multiples redditions de l’armée face à la puissance de feu des rebelles du Mnla.

A.H.Maïga

Le Matin 15 Mars 2012