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La date fixée pour la présidentielle avance à grands pas. Les désormais
27 candidats en lice battent campagne et les électeurs récupèrent leurs cartes Mina avec plus ou moins de succès.

jpg_une-1936.jpgQuel président pour le Mali à l’issue de la prochaine élection présidentielle ? Chacun des partis politiques se vante de son palmarès, à commencer par l’Adéma-PASJ qui brandit sa force actuelle : 56 députés sur 147 ; 3.300 conseillers municipaux sur 10.872 ; 27 présidents de conseil de cercle sur 49 ; 6 présidents d’Assemblées régionales sur 9 et
32 membres au haut conseil des collectivités sur 76. «Je ne peux imaginer que nous ne serons pas au second tour», martèle Lancény Balla Keïta, député à l’Assemblée nationale pour lequel Dramane Dembélé et le candidat de l’URD, Soumaïla Cissé, seraient au second tour.

Notons au passage que des experts estiment que la première élection présidentielle de l’ère démocratique, notamment celle de 1992, serait à ce jour, la plus crédible de l’histoire du pays.

Pour l’heure, le scrutin du 28 juillet est d’autant plus ouvert qu’aucun candidat ou parti ne maîtrise le fichier issu du Recensement administratif à vocation d’état-civil (Ravec). Curieusement, cet atout est pourtant le principal handicap de cette élection : des milliers d’électeurs potentiels ne voteront pas. Et pour cause : «Le Ravec est truffé d’incohérences » selon le consultant Abdoulaye Sangaré, pour lequel, ce fichier aurait du être « testée » lors d’une élection moins importante avant de servir pour la présidentielle.

Toutefois, toutes les parties s’accordent sur un point : l’échéance se jouera lors du second tour, personne n’étant en mesure de la remporter dès le premier tour. A voir, donc. Cependant, la floraison des candidatures conduit inéluctablement à un partage des fiefs électoraux.jpg_une-1937.jpg

L’URD serait gêné par son ex-vice-président Oumar Ibrahim Touré, l’un des 27candidats qui «s’est mieux occupé du parti que Soumaïla Cissé dans les régions du nord», à en croire une source proche du parti.

Equation IBK

Les voix et le directoire de l’Adéma sont lorgnés par l’ancien premier ministre Modibo Sidibé en manque de base politique solide. La même lacune frappe Cheick Modibo Diarra et Soumana Sako, tous anciens premiers ministres, dont les partis politiques n’ont pas encore fini de s’implanter sur le terrain.

Reste l’équation Ibrahim Boubacar Keïta ! Le président du Rassemblement pour le Mali (RPM) a vu le nombre des ses députés fondre comme neige au soleil : de près de 50 en 2002, il est passé à 11en 2007. Néanmoins, le candidat à la présidence garde une crédibilité redoutable, surtout dans la capitale. «Nous, nos bases sont conscientes qu’en s’investissant dans la campagne, elles travaillent pour elles-mêmes. Une éventuelle perte de notre candidat conduirait [pour les élus] à une perte de leurs sièges de conseillers ou de députés», résume le député Adéma, dont le candidat est le moins en vue parmi les favoris.

A l’image de Soumaïla Cissé, IBK s’est investi dans une campagne d’affichage publicitaire massive. S’il y a un candidat dont le visage ne recouvre pas les murs et les poteaux de la ville, c’est bien Oumar Mariko. Pour le moins, sa campagne d’affichage a été timide. Faut-il pour autant sous-estimer sa candidature? La Solidarité africaine pour la démocratie et l’indépendance (Sadi), le parti de Mariko, aurait opté pour plutôt opté pour une campagne de proximité et une propagande par le biais des dix radios qu’il contrôle à travers le territoire national.
Cette stratégie a permis de fidéliser un redoutable électorat dans plusieurs circonscriptions dans les régions de Sikasso, Ségou et Kayes.

En l’absence d’un sondage crédible pour déterminer une véritable tendance électorale et nous dire lequel de ces 27 candidats sera notre futur président, on ne peut que s’appuyer sur les commentaires des uns et des autres pour savoir l’idée que le peuple a de ses candidats. Il faut cependant retenir que les Maliens ont le sentiment que l’élection présidentielle de 2013 est décisive pour la nation. La corruption grandissante, la persistance de la vie chère, l’insécurité mais aussi et surtout la crise dans les régions nord du pays, fondent cette perception.

Seydou Coulibaly

© AFRIBONE – Le 19 Juillet 2013