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Le candidat du parti Solidarité Africaine pour la Démocratie et l’Indépendance (SADI) à l’élection présidentielle serait-il l’objet d’une tentative d’assassinat ? Le Réseau de la Gauche Africaine (ALNEF) croit fermement à l’hypothèse après une tentative d’enlèvement du Dr. Oumar Mariko. L’ALNEF exige du gouvernement malien une «enquête indépendante».

En fait, le vendredi 17 février 2012, le Dr. Oumar Mariko, secrétaire général du parti SADI, aurait été l’objet d’une tentative d’enlèvement. «Cet acte ignoble a été perpétré par des individus encagoulés et lourdement armés de mitrailleuses de type AK-47, circulant à bord d’un véhicule de type 4×4, sans plaque d’immatriculation» a expliqué l’ALNEF dans une déclaration en date du 21 février 2012. Depuis Johannesburg (Afrique du sud), Chris Matlhako, Coordonnateur de l’ALNEF, s’en alarme : «Ces individus ont filé le Dr Mariko dans les rues de Bamako, pendant plus d’une demi-heure et agissait visiblement avec une assurance déconcertante et un grand sang-froid, comme s’ils se sentaient protéger en ‘’haut lieu’’».

SADI est un parti de masse populaire qui a toujours adopté une position de gauche depuis sa création en 2001. Son secrétaire général est candidat, pour le troisième quinquennat consécutif, à l’élection présidentielle du 29 avril prochain. Ancien leader de l’Association des Elèves et Etudiants du Mali (AEEM), il a joué un rôle crucial dans la chute du régime militaire en 1991. Ses prises de positions ne sont généralement pas du goût des pouvoir publics depuis l’avènement de la démocratie.

Le Réseau de la Gauche Africaine craint que cette agression ne pourrisse «davantage l’atmosphère politique au Mali, déjà abondamment polluée, ces dernières semaines, par la crise militaro-politique dans le Nord, et qui fait peser sur le pays, des risques réels d’explosion et d’instabilité».
Selon l’ALNEF, la situation actuelle dans le Nord du Mali est la conséquence directe de la guerre en Libye au cours de l’année 2011, guerre qui a mis de nombreuses armes sophistiquées en circulation dans la zone saharo-sahélienne.

L’organisation s’explique les raisons de la tentative d’agression : «Le Dr Oumar Mariko est certainement menacé à cause de ses prises de positions sans concession» contre un «agenda caché des forces impérialistes occidentales au Mali et en en Afrique» : installer des forces militaires dans la région afin de réaliser leurs objectifs géostratégiques.

En exigeant une enquête indépendante sur cette situation, l’ALNEF demande par ailleurs au gouvernement malien de garantir la sécurité de l’intéressé et des dirigeants de SADI, «en leur affectant notamment une protection rapprochée», précise-il.

Seydou Coulibaly

24 Février 2012

©AFRIBONE