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La « tentative de déstabilisation des institutions et atteinte à la sureté de l’Etat » qui est reproché à certains militaires a donné lieu à des arrestations dont celle du Lieutenant Mohamed Ouattara dans la nuit du mercredi 4 au jeudi 5 juin. Après lui, d’autres arrestations ont suivi, comme celle du Sergent-chef Sylla. En outre les militaires, des pistes de cette enquête conduiraient vers un homme politique et député à l’Assemblée nationale qui est souvent cité comme étant un des cerveaux du putsch éventré. En attendant les résultats d’enquêtes, des soupçons et des indices ahurissants qui sont évoqués dans les salons feutrés de la capitale malienne.

Après des moments d’incrédulité sur l’éventualité même d’une « tentative de déstabilisation des institutions et atteinte à la sureté de l’Etat » au Mali aujourd’hui, le commun des Maliens est en passe de se raviser et se fier aux enquêtes en cours à la gendarmerie sur la base de ces soupçons. A ce jour des éléments permettraient d’affirmer qu’il y a eu un projet de déstabilisation des institutions de la République, que ce projet a un soutien politique, et que les instigateurs comptaient sur des éléments disposés à passer à l’action pour exécuter le projet, suivant une planification.

En plus du lieutenant Mohamed Ouattara, le sergent-chef Sylla, d’autres sous-officiers seraient aux arrêts et sous le rouleau compresseur d’une équipe d’enquêteurs de la gendarmerie nationale. Le sergent-chef Sylla serait passé aux aveux, selon notre confrère L’Indépendant du mercredi 11 juin. « Devant l’équipe des enquêteurs qui l’ont cuisiné pendant plusieurs heures, il a déclaré que le palais de Koulouba ne constituait pas la cible, mais plutôt le domicile privé du président de la République sis à Sébénikoro.

Le plan consistait à attaquer l’endroit une fois que le chef de l’Etat se trouvait à l’intérieur afin de porter atteinte à son intégrité physique et l’empêcher d’exercer sa fonction à la tête de l’Etat et au service de la nation », a écrit le quotidien.

Selon ces aveux, les comploteurs disposaient d’hommes, «des éléments acquis à la cause » et « prêts à exécuter la mission à tout moment », écrit L’Indépendant. Parmi ces hommes, il y aurait des militaires proches de l’ex-junte putschiste (du Capitaine Sanogo), et quelques éléments du 33ème régiment des Commandos parachutistes (bérets rouges).

Si les proches de l’ex junte crient à la trahison du président IBK, qu’ils ont aidé à se faire élire, et qui s’est débarrassé d’eux craignant le pire qui pouvait arriver au navire avec deux capitaines à bord, certains bérets rouges seraient frustrés de leur remplacement par la garde nationale, qui a désormais en charge de la sécurité présidentielle.

Le milieu politique qui serait le soutien de la tentative de déstabilisation ne cacherait pas son soutien aux anciens putschistes avec en tête le Capitaine Amadou Haya Sanogo.

De ces indices et de certaines indiscrétions du milieu des enquêtes, à citer comme piste le Dr Oumar Mariko, député élu à Kolondiéba, certains n’hésitent pas à franchir le pas. D’autres soulignent les liens entre l’honorable Oumar Mariko, les ex-putschistes dont le Sergent-chef Sylla. Un des liens avérés entre le député et les ex-putschistes seraient leur appartenance commune à un accord secret avec le groupe armé islamiste Ançar Dine de Iyad Ag Ghaly.

Pour preuve, on évoque dans les salons feutrés, les missions effectuées au nord du Mali (notamment à Niafunké) par le Dr Oumar Mariko, en compagnie des membres de l’ex junte, pour rencontrer une délégation d’Ançar Dine, groupe armé avec lequel Kati et une partie de la classe politique malienne étaient en connexions. Ainsi la mission du mercredi, 12/09/2 012, conduite par le Colonel Youssouf TRAORE, Chef de la Cellule des Opérations du CMSRFDS, qui s’est rendue à Niafounké, dans la région de Tombouctou par vol spécial, comprenait le jeune Amara SYLLA, à l’époque Sergent (lire nos informations et le rapport de mission en page 5).

La délégation comprenait le S/Lt Alhadji DICKO, l’honorable Oumar MARIKO, Yehia Ag Ibrahim, le Sgt Amara SYLLA et le Caporal Ibrahim Ag. A l’issue de leur rencontre, le dernier intervenant qui fut Attayoub Ag Hanga, chef de la délégation Ançardine a précisé que les deux parties avaient des intérêts communs et les mêmes visions.

La Rédaction

12 Juin 2014