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Le 16 septembre dernier, répondant à l’appel de l’Unité d’Action Populaire (UAP), une coalition de syndicats et d’organisations de la société civile, des milliers de Burkinabè ont bravé l’interdiction gouvernementale de manifester. Si dans l’arrière-pays, les manifs se sont déroulées sans incidents, excepté le fait que les portes des administrations sont restées hermétiquement closes, privant les manifestants d’interlocuteurs, à Ouagadougou, la police anti-émeute a stoppé la marche au rond-point des cinéastes à coup de gaz lacrymogènes. Les organisateurs se sont donc contentés de l’enclave de la Bourse du travail pour haranguer leurs troupes. Ce regain de tensions sociales, au-delà des nombreuses grèves et autres mouvements d’humeurs qui ont troublé la paix sociale au Burkina Faso, n’est pas sans soulever de nombreuses inquiétudes. C’est lorsque le mur présente des lézardes que les vipères et les cancrelats s’y nichent. La première source d’inquiétude est que le Burkina semble avoir cassé les ressorts de ses mécanismes traditionnels de médiation. Le clash de Ouagadougou n’est, en fait, que l’une des étapes de l’inimitié qui est allée crescendo entre l’Exécutif et le mouvement syndical national, depuis que, se rejetant mutuellement la balle, les deux parties n’ont pu véritablement s’asseoir autour de la même table de négociations dans le cadre formel des rencontres syndicats-gouvernement.LePays