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La tension est montée de plusieurs crans, le week-end écoulé, entre le Tchad et la République centrafricaine (RCA). En effet, un accrochage meurtrier a opposé les armées des deux pays dans le département des Monts de Lam, province du Logone oriental en territoire tchadien. Que s’est il passé exactement ? Les Forces armées centrafricaines (FACA) et leurs alliés russes, dans la traque sans merci qu’elles mènent contre les rebelles qui ont décidé de pourrir la vie au pouvoir de Bangui, ont franchi la frontière pour se retrouver en territoire tchadien. La réaction des forces de défense et de sécurité tchadienne ne s’est pas fait attendre, d’où ces bruits de bottes qui auraient coûté la vie à 6 soldats et cinq autres blessés. Certes, les FACA se sont très vite retirées à près de deux kilomètres de la frontière, mais la situation  reste toujours tendue puisqu’à ce qu’on dit, des renforts de l’armée tchadienne sont arrivés en masse dans la zone où a eu lieu l’accrochage. Pour qui connaît la témérité de l’armée tchadienne, il faut craindre des  actions de représailles destinées à venger ses soldats injustement tués. Le ministre tchadien des Affaires étrangères a d’ailleurs annoncé la couleur en parlant « d’attaque meurtrière préméditée et planifiée (…) qui ne saurait rester impunie ». Il faut donc savoir lire entre les lignes pour comprendre qu’une expédition punitive n’est pas à exclure dans la mesure où certaines sources signalent déjà la présence d’unités de l’armée tchadienne en territoire centrafricain. 

Les autorités centrafricaines se doivent d’ouvrir l’œil et le bon, sur les agissements des mercenaires russes

A moins que la communauté internationale, prenant la mesure de la gravité de la situation, n’essaie de calmer le jeu pendant qu’il est encore temps. Car, faut-il le rappeler, la RCA a tout à perdre si elle prend le risque d’entrer en conflit ouvert avec le Tchad dont on sait qu’il constitue une puissance militaire sous-régionale. Et ce n’est pas tout. Le  Tchad, pour faire rendre gorge aux autorités de Bangui, peut, en représailles, ouvrir ses portes aux rebelles centrafricains afin de leur servir de base-arrière. Toute chose qui pourrait annihiler les efforts de pacification du pays en cours. On comprend pourquoi les autorités centrafricaines dont on sait qu’elles marchent sur des œufs, tout en déplorant un «  incident malheureux », se disent disposées à collaborer «  avec le Tchad pour la sécurisation des frontières communes ». Seront-elles entendues ? On attend de voir. Toutefois, les autorités centrafricaines se doivent d’ouvrir l’œil et le bon, sur les agissements des mercenaires russes. Car, s’il est vrai qu’ils ont contribué, aux côtés des FACA, à réduire la voilure des rebelles, il n’en demeure pas moins qu’ils sont capables de provoquer une crise diplomatique entre la RCA et son  puissant voisin. En tout cas, si les FACA n’avaient pas le soutien des Russes, elles n’oseraient pas s’attaquer aux positions des forces armées tchadiennes dont elles connaissent la force de frappe.

B.O 

Source: Lepays.bf