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Le ton est, de nouveau, monté d’un cran entre les deux voisins du Maghreb occidental que sont le Maroc et l’Algérie dont les relations diplomatiques viennent d’être rompues. Et cette fois-ci,  le casus belli vient des flammes qui dévorent tout sur leur passage dans les deux pays qui s’accusent mutuellement d’être à l’origine des incendies. Les tensions sont si vives que l’Algérie avait refusé l’aide que lui proposait, en première heure, son voisin, l’accusant de jouer à la souris qui mord et qui souffle ensuite ou plutôt, à la fois au  pyromane et au pompier. En effet, pour le pouvoir algérien, les incendies qui ont fait des ravages dans le pays, seraient d’origine criminelle et seraient provoqués, aux dires de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN), par un mouvement indépendantiste financé par le Maroc, le Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK). Mais l’on sait que les flammes qui dévastent les deux territoires ne sont qu’un prétexte pour  mettre le feu aux poudres entre les deux frères ennemis dont l’antagonisme tire ses origines de la question du Sahara Occidental. L’Algérie est l’un des principaux soutiens du Front Polisario qui mène la lutte pour l’indépendance du Sahara Occidental, territoire sur lequel le Royaume chérifien n’a jamais renoncé à sa pleine et entière souveraineté. C’est dire donc que tout est prétexte à des tensions entre les deux Etats, à l’instar de ce  proverbe africain selon lequel « les anciens tisons s’allument vite ».

Il urge que les deux frères ennemis mutualisent leurs moyens pour faire face au terrible danger qui ignore les frontières

Pour preuve, à l’occasion de cette nouvelle montée d’adrénaline entre les deux voisins, un communiqué émanant de la présidence algérienne accuse le Maroc « d’actes hostiles incessants » nécessitant « la révision des relations entre les deux pays et l’intensification des contrôles sécuritaires aux frontières ouest ».  Mais, il faut le dire, l’heure n’est pas à l’exhumation des vieilles rancœurs. Car, les incendies n’attendent pas et au-delà de l’orgueil des Etats, ce sont des vies humaines qui sont en jeu, en plus des lourdes pertes économiques. En effet, rien qu’en Algérie, les gigantesques feux de forêts dans le Nord du pays, ont fait pas moins de 90 morts. A cela, il faut ajouter le traumatisme causé en Algérie par le lynchage et l’immolation d’un jeune homme accusé d’être à l’origine des incendies. C’est donc en raison de tout cela qu’il urge, maintenant, que les deux frères ennemis mutualisent leurs moyens humains et logistiques pour faire face au terrible danger qui ignore les frontières. Tout comme le disait autrefois Martin Luther King : « Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons tous mourir comme des idiots ».  Mais il est fort à parier que les deux Etats qui préfèrent toujours mettre l’accent sur leurs divergences plutôt que sur ce qui les unit, ne manqueront pas de faire dans la surenchère politique et diplomatique pour masquer leur impréparation à faire face aux problèmes auxquels sont confrontés leurs citoyens respectifs.

SAHO  

SOURCE : lepays.bf