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Le forum de Yanfolila, tenu du 22 au 23 juillet 2010, sur la crise entre agriculteurs (autochtones) et éleveurs transhumants a débouché sur un consensus : les bergers ont demandé pardon et les paysans ont renoncé à leur décision de chasser les transhumants. Et les recommandations du forum ont pour but d’aboutir à une paix durable dans la zone.

Après une relative baisse de la ferveur populaire du Wassoulou contre les bergers transhumants, le gouvernement, sur initiative du ministère de l’administration territoriale et des collectivités locales, a entrepris d’instaurer un dialogue pour une gestion consensuelle des ressources naturelles dans la localité.

Ce forum marque donc les premiers pas de cette œuvre qui, de l’avis des participants, doit nécessairement aboutir à un consensus local. «Un conflit, quel qu’il soit, peut toujours trouver sa solution : tout dépend de la manière par laquelle les protagonistes abordent sa résolution», a expliqué le juriste Boya Dembélé, conseiller technique au ministère de la justice, à la faveur d’une communication qu’il a faite sur «le règlement des conflit liés à l’exploitation de la terre et des ressources naturelles par la conciliation : cas des communautés ayant adopté des conventions locales».

Pour ce magistrat, l’Afrique, particulièrement le Mali, s’est toujours appuyée sur ses instances traditionnelles pour résoudre ses conflits délicats. «La solution judiciaire doit être le dernier recours en principe…. Les solutions judiciaires, cependant, si elles présentent des avantages liés à l’autorité de la chose jugée, à l’indépendance des juges chargés d’en trancher les différends et aux voies de recours dont disposent les justiciables, ont l’inconvénient de toujours laisser des séquelles entre les parties. C’est pourquoi, il est communément admis qu’‘un mauvais arrangement vaut mieux qu’un bon procès», a – t – il indiqué.

Le forum de Yanfolila s’est articulé, entre autres, sur l’historique de la transhumance dans le Wassoulou, l’exigence de la protection de l’environnement, la mise en œuvre de la charte pastorale, des exemples réussis de conventions locales au Mali. Outre l’administration technique de l’Etat, les agriculteurs et les bergers du Wassoulou ont pris part à cette rencontre dans le but de débattre une situation qui avait tant embarrassé les autorités : la chasse des bergers transhumants à laquelle voulaient se livrer les paysans.

Au regard de la sensibilité de la question, le climat extrêmement tendu pendant des mois, les débats auraient pris l’allure d’une négociation pour un accord. Sa finalité a été donc salutaire : le porte-parole des éleveurs a incessamment demandé pardon aux agriculteurs (autochtones) et ces derniers ont revu leur position contre les bergers transhumants de la zone.

Selon des informations, des rencontres ont également eu lieu, en marge de la rencontre, avec les services de sécurité du cercle pour expliquer l’enjeu de la sécurité de la zone. A en croire la résolution de ce forum, les populations du cercle de Yanfolila ont adhéré à l’idée de la poursuite de la transhumance dans le cercle, conformément aux dispositions de la charte pastorale et de la loi d’orientation agricole.

Pour le département de l’administration territoriale et des collectivités locales, un climat de sérénité a caractérisé les débats et il est important de relever les défis d’un retour à la paix durable dans le cercle. Les participants à ce forum ont souligné la nécessité d’une meilleure organisation de la transhumance et invité les collectivités territoriales du cercle à intégrer les activités agro-sylvo-pastorales dans les programmes de développement économique, social et culturel (PDSEC).

Les communautés ont été invitées à se doter de conventions locales et intercommunales pour prévenir et gérer leurs litiges. Beaucoup d’autres programmes de formation sont envisagés pour mieux expliquer la législation nationale en matières agro-sylvo-pastorales et de gestion des ressources naturelles.

Seydou Coulibaly

29 Juillet 2010.