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A quelques semaines de la date fatidique du 3 septembre 2007, date de la session extraordinaire de la nouvelle Assemblée nationale, rien ne va plus au sein de la ruche. La bataille de positionnement fait rage au sein du Comité directeur de l’Adéma. Les chefs se livrent une guerre sans merci pour le contrôle du parti.

Dans l’éventualité de la probable élection de Dioncounda Traoré à la tête de la Ille Institution de la République, les démons de la division sont encore de retour. Si les abeilles consi­dèrent comme légitime l’élection de leur président à la tête de la nouvelle Assemblée nationale, son maintien à la tête du parti fait l’objet de vives polé­miques dans la ruche.

Trois tendances, voire quatre même, s’affrontent aujour­d’hui pour le contrôle des instances du parti. Il y a d’abord la tendance pro-ATT animée par Dioncounda Traoré, Seydou Traoré, Yacouba Diallo, Zoumana Mory Coulibaly, Marimanthia Diarra et beaucoup d’autres jeunes cadres et responsables de l’Adéma.

Cette tendance qui est de loin la plus forte et la plus représentative au sein de l’Adéma soutient à fond toutes les actions du Président de la République. L’Adéma, selon les anima­teurs de ladite tendance, doit rester fidèle au Président ATT jusqu’à la fin de son second mandat et cela conformément aux engagements pris par le parti lors de la dernière conférence nationale et aux textes créateurs de l’ADP.

Dioncounda Traoré, selon eux, étant le président du parti le plus représenté à l’Assemblée nationale est le mieux indiqué pour occu­per le perchoir. Une charge institutionnelle qui ne remettra nullement en question sa charge actuelle de président de l’Adéma.

Ce sont là des idées qui seront défendues dans toutes les sections, sous-sections et comités qui sont en pleine phase de renou­vellement. Leur stratégie est de pouvoir placer des hommes acquis à leur cause à la tête de ces diffé­rentes structures de base et qui viendront renouveler leur confiance à l’équipe actuelle du parti lors du prochain congrès du parti qui est prévu pour le mois de décembre.

Mais au même moment, une autre tendance appelée tendance Alpha Oumar Konaré dirigée par l’ancien maire du district de Bamako, Iba N’Diaye et d’autres cadres et respon­sables proches de l’ancien président du Mali s’agite au sein de l’Adéma pour pré­parer le terrain à leur men­tor.

Ces derniers qui sont aussi très représentatifs pensent que l’élection de Dioncounda Traoré à la tête de la nouvelle Assemblée nationale ouvri­ra sans nul doute sa succes­sion à la tête du parti de l’abeille.

Leur objectif affi­ché est d’élargir une fois de plus la base électorale de l’Adéma avec l’arrivée en son sein de nouvelles forces politiques dans le but de mieux négocier les échéances électorales de 2012. Les animateurs de cette tendance prônent donc la reprise en main de l’Adéma et sa refondation pure et simple.

Cette tendance est aussi en train de sillonner les structures de base de l’Adéma pour se donner le maximum de chance lors du renouvellement des ins­tances du parti et surtout du prochain congrès en décembre. Une instance statutaire qui va coïncider avec le retour au bercail de l’ancien Président du Mali.

A côté de ces deux ten­dances, cohabite une troi­sième tendance dirigée par le Pr. Ali Nouhoum Diallo, Moustaph Dicko entre autres. Cette troisième ten­dance plaide pour le retour à l’Adéma originelle où l’observation stricte des textes du parti avaient encore un sens.

Pour Ali Nouhoum Diallo et ses compagnons, l’Adéma se trouve aujourd’hui en posi­tion de faiblesse dans ses relations avec l’actuel loca­taire de Koulouba. Or, esti­ment-ils, les textes fonda- teurs du parti recomman­dent des relations de partenariat.

Mais, selon eux, par la faute de Dioncounda Traoré, Seydou Traoré, Yacouba Diallo, Zoumana Mory Coulibaly, Marimanthia Diarra, l’Adéma a perdu son âme et n’existe que pour défendre leurs intérêts sordides.

Des pratiques qu’Ali Nouhoum Diallo et autres veulent combattre aujourd’hui. Un combat jugé légitime par beaucoup de sympathi­sants, militants, cadres et responsables de l’Adéma qui n’hésitent plus à affi­cher clairement leur posi­tion.

Une quatrième tendan­ce dite tendance Soumeylou Boubèye Maïga existe aussi dans le parti. Grâce à l’activité débordan­te de cette tendance, les abeilles réclament aujour­d’hui le retour des exclus, dont particulièrement Soumeylou Boubèye Maïga, dans la ruche.

Une tendance de rupture qui dérange beaucoup de res­ponsables actuels de l’Adéma. Avec qui sera cette tendance dans les mois à venir ? C’est là ques­tion qui est aujourd’hui au centre de toutes les discus­sions dans la ruche.

Comme on le constate, l’Adéma est aujourd’hui au bord de l’implosion. La non élection de Dioncounda Traoré à la tête de la nou­velle Assemblée nationale risque d’avoir des consé­quences incalculables pour l’Adéma et pourquoi pas pour le pouvoir actuel.

Le sort futur de l’Adéma se trouve donc entre les mains d’ATT. Soit il conforte les responsables actuels de l’Adéma par des récom­penses politiques soit il les lâche en les exposant à des sanctions politiques cer­taines.

Birama Fall

16 août 2007.