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Pour comprendre cette situation conflictuelle, il faut remonter très loin dans l’histoire.

De sources proches de la mairie de la commune rurale de Karakoro, une surface cultivable dans le Karakoro (marigot frontalier ayant donné son nom à la commune rurale) serait à l’origine de ce conflit.

Il semblerait que les deux populations, séparées par des lignes de démarcation issues de la colonisation, auraient trouvé une solution à l’amiable pour l’exploitation de la surface cultivable.

Mais cet accord mutuel commence à dater. Des sources affirment que l’accord mutuel auquel on fait allusion remonte déjà à trois générations.

En vertu de cet accord, les paysans de Boully auraient eu l’autorisation de cultiver provisoirement des terres appartenant aux populations de Kalinioro.

Aux dires de certaines personnes jointes par nos soins, l’accord se serait passé entre les grands-parents, des deux côtés, qui sont aujourd’hui morts.

Or, les populations de Kalinioro veulent récupérer leurs champs situés à près de 3 kilomètres au Sud-Ouest du village malien.

A Boully, les paysans persistent et signent : “On ne bouge pas d’un iota”. De constat, les terres qui appartiendraient au village de Kalinioro sont situées sur le territoire malien et sont très propices aux cultures de céréales.

C’est en tout cas ce qui nous a été précisé par les villageois qui sont déjà sur le pied de guerre. Ils disent ne pas comprendre la raison qui fait que leurs voisins et collaborateurs (les populations de Boully) ne veulent pas restituer leur propriété.

Le maire de la commune rurale du Karakoro, M. Ahmadou Kane et son premier adjoint, M. Samba Djogou Camara s’activeraient, quant à eux, à Kayes, tenant des réunions avec les autorités régionales, pour faire baisser la tension.

Selon nos informations, des éléments du camp militaire de Kalinioro surveilleraient quotidiennement la surface cultivable avant qu’un compromis ne soit trouvé.

On nous a fait savoir que des paysans du village de Kalinioro auraient abandonné leurs champs, après avoir semé, suite à l’intervention des militaires.

Pour éviter le pire, les autorités mauritaniennes et maliennes doivent trouver une solution idoine à cette crise transfrontalière. Un adage soninké nous enseigne que l’on sait toujours où et quand commence le mal, mais qu’on ne peut jamais savoir où et quand il se termine.

On se rappelle que les mêmes habitants de Boully étaient montés sur leurs grands chevaux contre un autre village malien de la même commune rurale avant la décentralisation. La suite, on la connaît…

Aujourd’hui, il urge pour les deux gouvernements de tenir des rencontres bilatérales pour éviter tout dérapage. N’est-il pas nécessaire à l’heure actuelle d’expérimenter le concept de pays frontières dans cette zone ? La question qu’on se pose est de savoir pourquoi les rencontres bilatérales entre les pays ne se tiennent plus.

Rappelons que la commune rurale de Karakoro est située à une centaine de kilomètres de la ville de Kayes et se compose de 7 villages : Aïté, Boutinguisse Kalinioro, Souéna- Gandéga, Souéna-Soumaré, Souéna-Toucouleur et Teïchibé.

KONATE Goudia Stagiaire

10 août 2005