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Entre l’Association des habitants de Faso Kanu et le maire du District de Bamako, Adama Sangaré, rien ne va plus.

C‘est la gestion du titre foncier N°4949 attribué en son temps à la Société Faso Kanu aujourd’hui disparue qui serait à la base du contentieux qui les oppose.

Pour les membres de l’association des habitants de Faso Kanu qui ont acheté des parcelles sur ce site à prix d’or suivant un plan d’aménagement qui prévoyait une cité ultramoderne avec des équipements collectifs, il faut s’en tenir à l’exécution de ce plan conformément aux termes du cahier de charges.

L’un des objectifs de ladite association est d’ailleurs de tout mettre en œuvre pour la réalisation des équipements collectifs prévus dans le cahier de charges et surtout de veiller scrupuleusement sur la préservation du cadre de vie des populations.

Mais la mairie du District de Bamako qui a hérité de tout le patrimoine de la société Faso Kanu n’entend nullement se conformer à ce fameux cahier de charges qui, selon les responsables actuels, ne les lie pas.

C’est ainsi qu’au grand dam des populations de Faso Kanu, certains élus de la Commune VI du District de Bamako en complicité avec les autorités districales se sont mis en quête de recenser tous les espaces vides dudit quartier et les vendre.

Toutes choses qui ont poussé dans un premier temps les membres de l’association à envoyer plusieurs correspondances au maire du District, Adama Sangaré et ensuite à le rencontrer. Selon un des responsables de ladite association, tout au long de ces différentes démarches, ils ont eu le sentiment que Adama Sangaré n’était nullement disposer à prendre en compte leurs préoccupations.

Et d’ajouter que le maire les a affirmé avec mépris que «la mairie du District doit des centaines de millions de F Cfa au service des domaines de l’Etat. Pour rembourser cette dette, je ne peux me rabattre que sur les espaces vides dont la vente nous permettra d’arrondir les angles». Selon le même responsable, ils ont compris dès lors qu’il ne fallait plus rien attendre de cet élu.

Mais cependant l’association continue à écrire au Maire du District. Dans une de ses nombreuses correspondances, l’association fera part de son inquiétude par rapport à ce qu’elle est en train de constater sur la Rue 35 du quartier de Faso Kanu. Il ressort de cette lettre que «la Rue 35 du quartier Faso Kanu qui donne sur l’entrée principale de l’école de Sogoniko B, et le Centre administratif sur l’Ilot E font l’objet de déclassement et de morcellement par le service domanial du District de Bamako malgré la lettre circulaire N°7822/MATCL-SG du 30 décembre 2008 portant suspension des attributions de parcelles de terrains du domaine privé immobilier de l’Etat».

L’Association fera en effet savoir que «les populations riveraines de ladite zone constatent avec inquiétude la présence de plus en plus fréquente de certains responsables du District dont elles connaissent l’identité, ainsi que de géomètres se rendent sur les lieux pour effectuer des opérations de bornage de parcelles».

La même association estime que «cette situation, si elle émanait de l’autorité administrative, constituerait un abus et un acte de provocation grave à l’endroit des citoyens du quartier».

Et d’ajouter enfin en disant que «nous ne saurions rester indifférents à la spoliation de notre cadre de vie, par des agents publics cupides qui se livrent à la spéculation foncière au détriment du bien être des habitants du quartier». Au lieu de prendre en compte ces préoccupations exprimées par les populations en adoptant des dispositions qui s’imposent afin d’éviter les débordements aux conséquences insurmontables, Adama Sangaré se borna simplement à rappeler à l’Association des habitants de Faso Kanu que le décret N°176/PG-RM du 9 juin 1986 a accordé le titre foncier N°4949 au District de Bamako.

Dans la lettre N°0332/M-DB datée du 4 mars 2009 et adressée au président de l’Association des habitants de Faso Kanu, le maire tiendra en outre à souligner que «l’espace dont vous faites allusion dans votre correspondance est un domaine privé immobilier du District de Bamako et non de l’Etat». Selon lui, la présence des agents du District sur un site du District n’est pas synonyme d’attribution ou de morcellement de terrain.

Concernant ce TF N°4949 de Faso Kanu, le District de Bamako continue à percevoir des redevances sur les contrats de bail et à payer les taxes y afférents. Et d’ajouter enfin «une association, à mon avis répond de ses membres et non des populations du quartier représentées par les élus». Cette phrase prononcée par Adama Sangaré vaut tout un crime de lèse-majesté pour les membres de l’association des habitants de Faso Kanu qui sont tous scandalisés aujourd’hui. Ils ne comprennent en effet comment un élu local issu des élections de proximité peut ainsi mépriser les associations à un tel point ?

Et de se demander si Adama Sangaré se souvient encore du rôle joué par les associations dans les événements du 26 mars 1991 ? Pour avoir osé faire une telle déclaration contre les associations, les populations de Faso Kanu ont décidé de décréter la désobéissance civile contre Adama Sangaré et tous les spoliateurs et les spéculateurs fonciers qui agissent sur le territoire de Faso Kanu.

Birama Fall

19 Mars 2009