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Ténenkou vit actuellement dans la psychose de l’insécurité. Ce sentiment s’est installé depuis l’attaque de la ville le 2 mars dernier par un groupe armé se réclamant d’un Front national de libération de l’Azawad (FNLA).

Les assaillants avaient alors enlevé un gendarme, quatre véhicules, des motos. Depuis, un climat d’insécurité généralisé prévaut dans la zone, renforcé par des actes de brigandage et de banditisme qui se multiplient. Le maire du Karéri dont le chef-lieu est Dioura, Mamadou Coulibaly, signale que le 8 mars, vers 2 h du matin, des hommes armés sont arrivés à Dioura à bord de deux véhicules de type 4×4. Ils se sont directement rendus chez l’agent des Eaux et Forêts où ils ont pris des biens avant de brûler le logement.

Celui du sous-préfet a subi le même sort. Les bandits ont également enlevé le coffre-fort d’une caisse d’épargne de crédit et se sont emparés de produits pharmaceutiques au centre de santé communautaire. Le même jour, les mêmes assaillants se sont rendus à Diguiciré, une localité située dans la même commune. Là, ils ont ciblé une caisse d’épargne et de crédit où ils ont emporté six millions et demi de Fcfa. Ils ont également volé des médicaments au centre de santé communautaire puis ont délesté le chef de ce centre de santé de 100 000 Fcfa.

La nuit suivante à Ténenkou-ville, dans le quartier de Komongalou aux environs de 0 h 30 mn, Beydi Traoré un commerçant a été braqué par deux hommes armés. Les assaillants ont fait sortir tous les clients de la boutique et sont passés derrière le comptoir pour faire main basse sur l’argent qui se trouvait dans la caisse. Au cours de la même nuit, le centre de santé de référence de la ville a reçu la visite de bandits qui ont cassé la serrure d’un magasin et volé 5 balles de 50 moustiques imprégnées d’insecticide. Par ailleurs, des vols des bétails sont régulièrement signalés dans la commune du Karéri et d’autres communes voisines. De fait, la ville de Ténenkou n’est plus que l’ombre d’elle-même.

Les activités tournent au ralenti. Les services administratifs sont fermés dans la crainte d’une nouvelle attaque. Les postes de sécurité ont été évacués. Ce qui a ajouté davantage à la panique, l’inquiétude, et au désordre dans le cercle. Face à cette situation qui n’est pas sans rappeler le climat qui prévalait dans la zone lors de la rébellion des années 1990, les ressortissants du cercle installés à Bamako ont tenu une réunion au terme de laquelle ils ont condamné les actes de banditisme. Au cours de la rencontre à laquelle ont participé les deux députés élus à Ténenkou, ils prié pour le retour de la paix et ont recommandé la présence d’une force de sécurité dans la zone pour la protection de la population et du bétail, Ténenkou étant une zone d’élevage par excellence.

Jeudi 29 mars 2012, par M. Dembélé (AMAP-Tenenkou)

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