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Après Yorosso et Ouélessebougou, le ministre des Enseignements Secondaire, Supérieur, et de la Recherche scientifique était le week-end dernier à Ténenkou où il a posé la première pierre du nouveau lycée de cette localité située à 110 kilomètres au nord-est de la Région de Mopti.

La délégation ministérielle a été reçue à Ténenkou, après plus de 3 heures de route pour rallier Ké-Macina à la localité sur une piste fortement dégradée en cette saison pluvieuse. L’événement fera date dans les annales de la ville de Ténenkou, à en juger par la grande mobilisation des populations et l’accueil qu’elles ont réservé au ministre Amadou Touré.

Fondée en 1818 par Bori Ham Salla, neveu de Sékou Amadou, fondateur de la Dina à Hamdallaye, la ville de Ténenkou, aujourd’hui érigée en commune rurale est située dans la zone inondée du delta du Niger. Elle se compose de 5 quartiers couvrant une superficie de 6 km2 et est peuplés de 8038 habitants pour une densité 1339 habitants au km2.

Les populations vivent d’élevage, d’agriculture, d’artisanat, de commerce et de pêche.
La scolarisation des enfants est une réalité à Ténenkou.

Grâce à la gestion concertée des différents acteurs de l’école, la circonscription fait des résultats encourageants. Ainsi au titre de l’année scolaire 2007, Ténenkou à enregistré 73,63% d’admis au DEF et 86,73% en 2008 pour le même diplôme. « Eu égard à un tel pourcentage, vous conviendrez avec moi que l’ouverture d’un lycée ici est une nécessité absolue« , a dit le maire de la commune urbaine de Ténenkou Mamadou Cissé.

Les responsables politiques, administratifs et surtout les parents d’élèves sont impatients de voir enfin un lycée dans leur circonscription. Pour preuve, trois salles de classes ont été construites pour recevoir les élèves admis du DEF de cette année, en attendant la construction du lycée.


Plus d’engagement et de responsabilité :

Pour Ahamadou Tahirou Cissé, le président du conseil de cercle, la construction prochaine d’un lycée dans sa localité est un rêve qui devient une réalité, « un acte que l’on croyait utopique« .

Ici, les élèves admis au DEF sont orientés dans des localités où ils n’ont pas de parents et rencontrent donc de sérieuses difficultés durant l’année scolaire. Par ailleurs, certains parents d’élèves ont des moyens très limités pour subvenir aux besoins de leurs enfants qui poursuivent leur cycle secondaire dans les villes.

« L’ouverture d’un lycée ici est une nécessité, ce qui va nous permettre de limiter la déperdition scolaire de nos enfants, après le DEF, car caser nos élèves en ville constitue la croix et la bannière », a plaidé l’édile.
Pour les élus locaux de Ténenkou la pose de la première pierre est une avancée notable dans l’exécution de la décision de construction d’un lycée.

Outre le besoin d’enseignants et d’une école de formation professionnelle, les responsables politiques de la localité ont exprimé un autre souhait qui leur tient particulièrement à coeur : la construction de la route Ké-Macina-Ténenkou. Longue d’environ 90 km, il faut au moins 3 heures de temps à un véhicule de type 4×4 pour rallier les deux localités, surtout en période hivernale.

Le ministre Touré a rappelé que la réalisation de cette infrastructure, outre le fait qu’elle est la manifestation logique de la volonté de son département de renforcer les capacités d’accueil au niveau du secondaire tout en offrant aux jeunes un meilleur cadre de travail, annonce indéniablement la fin du calvaire que représente pour nombre d’entre eux et pour leurs parents, une orientation dans un établissement d’une autre localité.

Amadou Touré a fait remarquer à l’occasion qu’un établissement d’enseignement secondaire technique et professionnel répondrait mieux aux besoins et plans de développement de cette communauté tournée vers le secteur primaire.

Car, « le schéma actuel de développement du sous-secteur, tourné vers un enseignement supérieur surpeuplé, apathique a montré ses limites« , a dit le ministre Amadou Touré. Et de rappeler que la gestion de l’école ne concerne pas que les seules professionnels de l’éducation.

Elle est l’affaire de tous et maintenant plus que jamais, celle des collectivités territoriales, a-t-il dit, invitant ainsi chacun à plus d’engagement et de responsabilité, à plus d’attention et d’initiatives pour faire de l’école un espace de grande convivialité.

Le lycée de Ténenkou sera bâti sur une superficie de deux hectares. Il comprendra 12 salles de classes, un bloc administratif, une salle informatique, un centre de documentation et un complexe sportif. Le coût des travaux est estimé à un peu plus de 600 millions de Fcfa. Le financement est assuré la Banque mondiale, avec comme maître d’ouvrage délégué l’AGETIER-Mali.

« Lorsque l’édifice sera terminé, notre satisfaction sera grande. Mais elle le sera d’avantage lorsque le bénéficiaires de l’établissement feront de lui un lieu d’enseignement, un milieu de vie communautaire, un centre de relation entre le corps enseignant et les parents, enfin un lieu de travail et d’enrichissement mutuel« , a conclu le ministre Amadou Touré.

Le lycée sera construit à Daga, village situé à environ 5 km à l’entrée de Ténenkou.


Mh.TRAORÉ

24 Juillet 2008