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<font size= Cour d’appel de Bamako  » title= » Cour d’appel de Bamako  » class= »caption » align= »center » />

Présentation

D’abord, je voudrais remercier mon parrain de stage M. El Kader Fofana pour m’avoir accueilli et aussi permis d’explorer d’autres champs d’intérêts à l’intérieur de mon stage réalisé au sein de son cabinet d’architecture.

Mon profil

Je me nomme Martin Janvier, je viens de Montréal, une ville de la province du Québec au Canada. J’ai fait des études collégiales en architecture, je détiens un baccalauréat en design de l’environnement (programme multidisciplinaire regroupant les domaines du design industriel, de l’architecture et de l’urbanisme) et j’ai aussi fait des études collégiales en coopération interculturelle, qui m’ont permit de me retrouver ici au Mali, pendant quatre mois dans le cadre du stage en milieu professionnel.

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Ma chance

C’est une chance extraordinaire que j’ai d’être ici et de vivre dans une société à la fois très différente et aussi ressemblante à la mienne. Effectivement, qu’on soit n’importe où aux quatre coins du globe, je crois qu’on a tous ce désir universel d’aimer et d’être aimé et si nous n’avions que cela en commun, ce serait déjà l’essentiel et tout le reste n’aurait qu’une importance secondaire. Je dis cela entre parenthèse, puisque je ne pourrai dorénavant passer outre cette vision que j’ai de la vie et ce, dans le cadre de n’importe quelle activité que ce soit.

La conférence :  » Quelle architecture pour le Mali ?  »
A propos du thème

D’entrée de jeu, la question impose son point de vue en préconisant un type d’architecture pour le pays.
 » Je pense d’abord, quant à moi, qu’il serait plus juste de parler en termes d’architectures, au pluriel, pour le Mali étant donné sa grande diversité régionale ».
 » Deuxièmement, quant à moi, une architecture ne s’impose pas à un pays, comme le suggère le thème de la conférence, elle y est plutôt subséquente en tant qu’élément émergeant de sa culture et de la vision propre à l’architecte ».

Mes impressions architecturales

De Bamako

Je vais surtout parler de Bamako, puisque c’est la ville où j’ai duré le plus et où j’ai pu me créer le plus de références visuelles.
En général, on pourrait qualifier d’éclectique l’architecture d’une ville comme Bamako, même si prédomine un style néo-soudanais.
Historiquement, lieu de grands mouvements transsahariens et carrefour multiethnique important, la ville a été sous influences diverses et l’architecture n’y a certes pas échappée.

Du climat

D’abord, le climat. Non seulement le climat influence l’esthétisme d’une ville, mais il contribue également à faciliter ou non son entretien ; le rythme et la fréquence des pluies, la quantité de poussière dans l’air, ainsi que la pollution maquilleront tantôt avantageusement les façades des bâtiments, ce qui n’est pas le cas pour la plupart du temps.

Les longues périodes de temps sec et chaud au Mali, ainsi que la composition de l’enveloppe des bâtiments (souvent en un seul matériau) épargnent alors le visage architectural de la ville de toutes ses salissures que l’on rencontre fréquemment dans un pays comme le nôtre.

Donc, l’absence de nécessité de se protéger contre les grands froids et l’humidité des pays nordiques permet une simplification architecturale qui minimise les salissures dues souvent aux réactions chimiques entres les matériaux de différentes natures. On a alors l’impression, en regardant ces constructions aux couleurs pastels, d’irréalité, comme si on se retrouvait dans un parc thématique de Walt Disney World, tellement les façades conservent leur intégrité cosmétique .

Des formes

Deuxièmement, la simplicité formelle, les formes géométriques ainsi que l’absence de fioritures, notable un peu partout dans Bamako, nous révèle l’influence du mouvement moderne. Le  » less is more  » est préconisé ici par les puristes de la modernité mais aussi pour des raisons climatiques: absence de chambres d’air double ; triple ou même quadruple au niveau des fenêtres (nécessaire dans les pays du nord), solins moins nombreux, toiture uni-couche, absence de joint multiple, etc.

Des matériaux

Le béton est sans doute le matériau le plus utilisé dans l’architecture Bamakoise. Personnellement, je déplore sa surutilisation comparativement au matériau traditionnel, surtout d’un point de vue économique puisque le ciment coûte très cher et provient de l’extérieur du pays mais aussi d’un point de vue patrimonial.

Le Mali aurait intérêt, dans ce domaine comme dans d’autres, à utiliser plus de ressources endogènes (humaines et matérielles) pour faire profiter le pays des fruits de ses efforts.

Une standardisation ou le culturel ?

Dans un autre ordre d’idée, je remarque une certaine répétition ou un manque de diversité dans le choix des éléments de blocages, tels les portes et fenêtres, qui sont souvent les seuls éléments de l’architecture domestique concourant à personnifier les façades des bâtiments.

Les professionnels de la construction devrait user de plus de créativité avant de passer leur commande au forgeron par exemple. Tout le monde y gagnerait. Et puisque le pourtour de ses éléments est rarement décoré, cela crée une certaine monotonie pour l’œil, quoique la simplicité formelle peut aussi avoir un effet apaisant ou un peu zen.

Encore les ordures !
D’autre part, la mise en valeur de l’architecture populaire souffre beaucoup de la gestion hasardeuse des déchets et d’objets de toutes sortes laissés devant les façades, dans les cours et finalement partout où il y a de la place. Des chambres d’entreposages pourraient être plus judicieusement incorporées dans la planification d’une demeure afin d’éviter cet encombrement de toute nature.

La ville en chantier continu

Finalement, j’ai un peu l’impression de parcourir une ville en chantier, vu les nombreuses constructions en blocs de béton (interrompus faute de financement je présume), ainsi les travaux publics d’envergure, la rénovation de grands hôtels accueillant les touristes, etc. Donc, je sens un grand dynamisme à Bamako et je crois qu’il serait bon; pour éviter que cette explosion de travaux ne fasse trop de dégâts si mal gérée; qu’il y ait concertation bilatérale et continuelle entre architectes, urbanisme et autres corps de métier; afin de bien planifier le développement de la ville tout en considérant toujours, l’aspect social du projet dans lequel l’architecture doit se mouler et s’intégrer et non le contraire.

(à suivre)

23/09/2003

Janvier Martin, stagiaire, et
Cheich Abd El Kader Fofana, architecte
Abdelkader@afribone.net.ml