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Il fallait payer rubis sur l’ongle pour avoir un poste dans la fonction publique. Un jeune diplômé nous fait part de sa mésaventure avec l’ancien ministre du Travail et de la Fonction publique. Il accuse Me Abdoul Wahab Berthé de lui avoir soutiré de l’argent sans pour autant lui donner satisfaction.

« De relation en relation, de nombreuses personnes, dont des proches et moi-même, avions bénéficié de propositions de postes alléchants de contractuels dans la fonction publique malienne.

Quand Me Abdoul Wahab Berthé était ministre du Travail et de la Fonction Publique, sous le régime défunt d’Amadou Toumani Touré, il nous a été proposé des postes allant de contrôleur des impôts à inspecteur du même service ou des douanes. Bien entendu, ces postes n’étaient pas pour les beaux yeux des malheureux jeunes diplômés sans emploi que nous sommes.

Tenez-vous bien ! Chacun d’entre nous devait s’acquitter d’une forte somme. Imaginer ce que cela coûte pour un Malien quand on sait les dures réalités économiques de notre pays, le Mali, et de surcroît, nous, jeunes diplômés sans emploi, aux parents vieillissants, donc avec des charges déjà pesantes. Quelle misère !

Pour ce qui me concerne, nous avons payé la somme demandée. Ma famille a payé. Cependant, depuis 2010 que nous avons payé l’argent, nous n’avons jamais été en possession de nos différentes décisions d’intégration dans la fonction publique malienne. La déception est d’autant plus grande que sans soutien moral ou autre, c’est la dépression. En quête d’emploi, un jeune diplômé est prêt à bien de sacrifices quand on sait que le mérite n’occupe plus de place.

A partir du moment où nous nous sommes acquittés de la somme due, alors commencèrent les tribulations avec comme corollaire de fausses promesses, de fausses dates pour nos décisions d’intégration, des cadeaux supplémentaires pour accélérer l’acquisition des décisions, etc.

Pendant tout ce temps, on nous a fait croire ‘au père Noël’ jusqu’au fatal coup d’Etat du 22 mars 2012 qui a fait sombrer tout espoir d’intégrer la fonction publique pour notre part. Nous devrions accepter toute arnaque quand on se dit que c’est une chance à ne pas louper et qui n’est pas donnée à tout le monde. Voilà les raisons de notre colère ».

A. Djiré

(jeune diplômé sans emploi)

20 Avril 2012