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Avec la privatisation annoncée pour fin 2008 de la Société des télécommunications du Mali (Sotelma), le Réseau malien des consommateurs de téléphonie mobile (Remacotem) monte au créneau et dénonce la volonté manifeste d’étouffer l’opérateur historique.

Crée en septembre 2006, le Réseau malien des consommateurs de la téléphonie mobile (Remacotem), était face à la presse vendredi dernier. Objectif : échanger sur les objectifs du réseau et les actions qu’il compte entreprendre dans le cadre de la privatisation de la société des télécommunications du Mali (Sotelma).

Selon le président du Remacotem, Dr. Adama Traoré, « pour privatiser une société, il y a des préalables. Ailleurs, on a commencé par privatiser avant de libéraliser. Et cela pour permettre à l’opérateur historique d’être dans les mêmes conditions qu’une société privée qui arrive sur le terrain. Mais, c’est l’inverse qui s’est produit au Mali. », s’est-il indigné.

De plus, le réseau s’est dit désabusé par le fait que le Mali n’a aucune emprise sur son secteur de télécommunication. Or, « celui qui contrôle les télécommunications, contrôle l’économie. Tout a été mis en œuvre pour étouffer la Sotelma, pour l’empêcher de grandir », pense le réseau.

Les segments du mobile au rabais

Le plus grave aux dires du réseau, c’est le fait que tous les segments de la téléphonie mobile sont cédés au rabais. « Nous sommes en danger, nous avons vendu au rabais tous nos segments à 30 milliards de F CFA. Or, un seul segment de GSM a été vendu au Sénégal à 100 milliards de F CFA », révèle Bakary Guindo, un membre du réseau.

A ses dires, « la Sotelma est à la croisée des chemins. Pour faire fonctionner le mobile ou le fixe, nos moyens sont subordonnés aux moyens de l’Etat. Ouvrir tous les secteurs à la concurrence avant la privatisation de l’opérateur historique, c’est un cas atypique au Mali. Entre la décision et l’investissement, nous sommes obligés d’attendre 6 mois ou une année », a expliqué M. Guindo.

Le Remacotem, qui ambitionne de défendre les intérêts des consommateurs, organisera dans les jours à venir des débats sur les antennes des radios de proximité, des journées portes ouvertes pour davantage éclairer la lanterne de l’opinion sur tout ce qui entoure la privatisation de la société historique.

Après plus d’une année d’existence, le Remacotem compte 596 000 adhérents à travers le territoire national.

Mohamed Daou

18 février 2008.