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A en croire certaines informations, une tension règne actuellement à Tegharghat (base des insurgés de Kidal). Elle serait consécutive à un désaccord entre un groupe de combattants dirigé par Bahanga et le chef de l’insurrection de Kidal, Iyad Ag Ghaly.

En effet, Bahanga et son groupe s’opposeraient à l’application de certaines décisions contenues dans l’accord d’Alger, notamment la remise des armes dérobées dans les garnisons de Kidal au facilitateur, l’Algérie.

En clair, Bahanga, à en croire nos sources, ne veut nullement entendre parler de désarmement avant d’avoir des assurances sur un éventuel retrait de l’armée de Kidal et des autres secteurs de cette région.

Or l’armée, conformément aux instructions des autorités, a entamé un allégement de son dispositif déployé au Nord aux lendemains des événements du 23 mai dernier.

Et l’allégement progressif du dispositif sécuritaire se fera en fonction du retour au calme à Kidal, indique une source militaire.

Cependant, il n’est pas question d’un retrait de l’armée de Kidal ou encore d’autres localités du Nord, précise notre source.

Par ailleurs, l’armée a déjà fait le décompte de toutes les armes, minutions et engins enlevés à Kidal et à Menaka lors de l’attaque.

Une liste a même été remise au facilitateur. Cependant, Iyad aurait indiqué que de nombreuses armes ont été perdues en cours de route lors de leur retrait de Kidal.

Une volonté de ne pas rendre certaines armes ? De lourds soupçons pèsent sur les responsables de l’insurrection quant à leur volonté de restituer toutes les armes, conformément au contenu de l’Accord d’Alger.

De même sur l’effectif des combattants à Tegharghat, d’une centaine d’hommes au départ, cet effectif aurait été gonflé à 300 hommes.

Là, l’intention serait d’infiltrer dans les rangs un gros contingent de chômeurs et de désoeuvrés. Trois mois après la signature de l’Accord d’Alger, l’intention des insurgés à coopérer est mise en doute.

Au même moment, l’Etat multiplie des gestes pour honorer ses engagements : mise en place du Comité de suivi, des commissions techniques, allégement du dispositif militaire à Kidal.

Malgré tout, les autorités maliennes sont déterminées à poursuivre la concertation et la voie négociée afin de permettre l’application intégrale de l’accord d’Alger.

Et dans ce sens, il urge que des signaux émanent de Tegharghat. Iyad sait la détermination des autorités à honorer leur part du contrat. Mais, coincé qu’il est entre un groupe d’extrémistes et sa volonté d’appliquer l’accord d’Alger, il se trouve dans une position délicate. Seulement, le temps presse.

C.H Sylla

13 octobre 2006.