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Ils étaient 60 diplômés dont 20 femmes à recevoir leur attestation de fin d’études de l’Institut supérieur de technologies appliquées (Technolab-Ista), c’était au cours d’une cérémonie présidée par Adame Ba Konaré le samedi 5 juin 2010.

A la cérémonie de la sortie de la 10e promotion de l’Institut supérieur de technologies appliquées (Technolab-Ista), le samedi 5 juin à l’hôtel Radisson, Mme Adame Ba Konaré aura été, tout le long de l’événement, la personnalité à laquelle l’assistance, qui a pris d’assaut la grande salle de l’hôtel, a porté une attention particulière.

Et pour cause. Mme Adame Ba Konaré est un professeur émérite d’histoire et ancienne première Dame du Mali. Elle a présidé la cérémonie qui a consacré la sortie de la soixantaine de diplômés de l’établissement. Les lauréats sont de différents ordres académiques (DUT, licence, maîtrise, ingénierie, Master et MBA).
Pour la circonstance, plusieurs invités de marque ont tenu à partager les moments de joie de cette cérémonie.

Il s’agit du représentant du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, du directeur général de Technolab-Ista, du représentant de l’Ecole supérieure de gestion de Paris (ESG), Dr. Camille Sari, des professeurs des établissements privés, des parents et d’autres invités de marque.

Très émue, Adame Ba Konaré s’est dite fière et heureuse, en même temps sensible et touchée d’avoir été choisie pour parrainer la cérémonie de remise de diplômes. « J’en mesure la portée symbolique », a-t-elle indiqué.

Pour elle, Technolob-Ista « est une école de qualité qui, en l’espace d’une décennie, s’est imposée comme une référence dans l’espace éducatif malien ». Pour preuve, elle a révélé les qualités sûres des diplômés de Technolab-Ista opérant dans divers services, que ce soit au niveau des entreprises privées, de l’administration publique d’État ou dans les organismes internationaux de développement.

Saisissant l’opportunité, Adame Ba Konaré a félicité la direction, les enseignants, les partenaires et collaborateurs ainsi que les étudiants de l’Institut.

Sans prétention aucune, elle a attiré l’attention des étudiants sur l’importance de la formation, de l’éducation et de la recherche. Ainsi, elle leur a prodigué de précieux conseils pour affronter le futur dans un monde de plus en plus globaliser avec une concurrence qui ne laisse aucune chance aux médiocres.

 » L’avenir du monde se joue sur le terrain de l’émulation. On ne peut pas être du monde d’aujourd’hui et de demain sans outils de savoir », a-t-elle prévenu. Et d’ajouter que « l’intelligence intrinsèque et le système D ne suffiront plus à avoir des repères dans ce village planétaire qu’est devenu notre monde. Il faut le connaître dans sa diversité et dans sa complexité, le comprendre pour circuler, dialoguer, négocier… et seule la formation offre la clé pour satisfaire à ces exigences-là ».

Valeurs et vertus

La présidente de la Fondation Partage a mis l’accent sur la formation acquise dans l’établissement ainsi que les perspectives qu’elle offre. « Vous êtes dans des filières du futur qui vous prédisposent, chers étudiants, à cette compréhension et à ce dialogue, à ces échanges multiformes. Vous êtes sur la rampe pour devenir des citoyens planétaires pour de vrais, sans complexe, sans entrave, nantis d’un bagage que je considère comme étant votre capital-chance ».

Une des particularités de Technolab-Ista, a-t-elle poursuivi, est qu’il est ouvert à d’autres continents, notamment à travers un partenariat qu’il a établi avec des institutions européennes ou américaines comme l’Ecole supérieure de gestion de Paris, l’Institut des hautes études internationales et du développement (IHEID) pour ne citer que celles-là.

Sans compter le cycle de formation qui va du diplôme universitaire de technologie (DUT) à la maîtrise, à l’ingénierie informatique ou électronique, en passant par le DESS/DEA, Master/MBA ou bac+5. S’y ajoutent les étudiants doctorants des institutions académiques étrangères.

Mme Ba Konaré s’est félicitée de l’accès à l’établissement d’auditeurs venant d’autres pays africains. « C’est une excellente chose », a-t-elle estimé.

L’auteur de l’ouvrage « Quand l’ail se frotte à l’encens » a émis à la direction de l’établissement l’idée d’élargir les filières de formation à l’histoire et aux cultures africaines, a-t-elle expliqué, « aider à asseoir et à consolider l’identité et la conscience continentales des apprenants, car je suis de ceux qui croient en l’Afrique, qui croient qu’il n’y a d’avenir pour aucun de nos pays sans une vision macroscopique dans une Afrique unie, intégrée et solidaire ».

La question de l’intégration africaine a aussi occupé une bonne place dans l’intervention d’Adame Ba Konaré également auteur de « L’Os de la parole ». A l’en croire, l’intégration africaine est une nécessité vitale pour desserrer l’étau de toutes les puissances qui imposent leurs diktats aussi bien politiques qu’économiques et culturelles pour faire face à la houle déferlante des nations émergentes. « L’intérêt scientifique accordé à l’Afrique doit cesser d’être une affaire de spécialistes appelés africanistes. Chacun de nous, de plus en plus, devra avoir des réflexes de citoyen africain ».

Aux récipiendaires, c’est un message de combat et de courage qu’elle a tenu sous les applaudissements nourris du publics. « Ce message est celui de nourrir l’ambition, de se fixer comme objectif non seulement d’entretenir la soif d’apprendre, d’aiguiser sa curiosité intellectuelle, mais également de ne pas être de technicien froids bardé d’outils technologiques, de réfléchir humain dans toutes leurs démarches, de ne jamais se départir dans leurs techniques managériales et de gestion au sein des entreprises et services, publics et para publics, de cette vocation première qui est la quête de l’Homme, début et commencement de toute chose, de l’homme solidaire de son prochain ».

Pour elle, c’est sur ce terrain de la fraternité humaine, englobant hommes et femmes, bien entendu, que se jouera également l’avenir du monde. L’ex-première Dame a affirmé qu’elle mettra son expérience au profit de Technolab.

De 65 étudiants en 1998 à 530 en 2010

Le directeur de Technolab-Ista, Daouda Diakité, a félicité la marraine pour avoir accepter l’invitation. Il a ensuite tracé l’historique de la création de son établissement, passé de 65 étudiants en 1998 à 530 en 2010. « L’espoir est permis pour l’avenir », a dit M. Diakité. Pour le DG, l’année 2010 s’est annoncée beaucoup plus prometteuse avec l’agrément de Technlab-Ista comme MicroSoft Academy Program et un Centre de certification d’académie locale Cisco. « Ces perspectives d’accréditation offrent à nos démarches de formation des outils nécessaires à la démarche qualité recherchée ». M. Diakité a fait mention de la collaboration avec l’ESG de Paris représentée à la cérémonie par le Dr. Camille Sari.

Grâce aux formations dispensées, affirme le DG, certains étudiants qui n’étaient pas en situation professionnelle ont pu s’insérer dans le tissu économique avant même la fin de leurs cursus académiques. Pour ceux ou celles qui n’ont pas encore pu s’insérer dans le tissu de production, des actions sont en cours au niveau du service d’orientation et d’appui de l’institut afin de parvenir à une approche pragmatique de soutien à leur insertion professionnelle.

Pour le DG, le mérite d’Adame Ba n’est plus a présenté. Toutefois, il a fait un survol des qualités du professeur. « Dans les rapports entre nations, le savoir constitue, comme toujours, une de ces ressources intarissables à partir desquelles toute la dynamique géostratégique tient tout son soubassement.

Votre sens de la retenue, votre clairvoyance d’esprit, votre talent d’historienne engagée, chez qui le sens, la force de persuasion du verbe et le bien-fondé des combats font de vous une respectable et respectueuse icône africaine qui tient lieu de modèle d’inspiration », a dit M. Diakité avant d’ajouter que le choix sur son auguste personne comme marraine de la 10e promotion, tient ainsi à ce modèle d’inspiration et « nous voudrions bien que vous accompagniez désormais nos démarches avec votre expérience tant riche que diversifiée et votre rigueur reconnue ».

Pour Sari Camille, le représentant de l’ESG de Paris, « les filières enseignées à Technolab-Ista répondent aux normes des filières enseignées à l’ESG de Paris ». Il a salué le partenariat entre son établissement et Technolab-Ista qui, d’année en année, se consolide. Le représentant du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Lassana B. Traoré, a mis l’accent sur la promotion de l’enseignement de qualité qui, dira-t-il, « est une préoccupation des autorités de notre pays ». Les filières enseignées à l’Institut supérieur de technologies appliquées, a-t-il reconnu, répondent aux orientations de la politique éducative de notre pays.

Tout au long de son intervention, il a loué les mérites de l’école, considérée comme « une référence au Mali et à l’international ». Profitant de la cérémonie, M. Traoré a assuré les promoteurs d’établissements privés d’enseignement supérieur que la relecture des textes sur ce type d’établissements va dorénavant édicter des mesures incitatives afin d’encourager les promoteurs méritants.

 » Vous êtes une fierté pour le continent et un repère pour la jeunesse », a noté la porte-parole des diplômés. « A cause de vos qualités pédagogiques, de votre rigueur scientifique de chercheur, de votre œuvre historienne et surtout du modèle de femme de science, de conscience, et de combat… » Elle a promis de porter haut le flambeau de l’école et de faire comme la marraine dans l’exercice de leur profession.

Amadou Sidibé

11 Juin 2010.