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52 cas de divorces en 2009 contre 1128 divorces prononcés en 2011 : tel est le résultat d’une étude réalisée ces deux dernières années sur les cas de divorce au Mali. Le dérapage éducationnel, la toxicomanie et l’impréparation au mariage sont, entre autres, les facteurs déterminants de cette hausse inexorable du taux de divorce dans une société qui est à cheval entre traditions et modernisme.

Autant les mobiles de ce phénomène sont multiples et divers, autant ils sont aussi profonds que liés à l’affaiblissement ou au délaissement de nos valeurs éducationnelles d’hommes et de femmes prêts à vivre commodément et conformément aux us, mœurs et valeurs traditionnelles de notre société. Ces mobiles ne sont autres que la pauvreté et l’ignorance exacerbés et doublés d’une mégalomanie entraînant enfants parents, éducateurs et dirigeants à vilipender des valeurs dans lesquelles eux-mêmes ont baigné. Quant aux motifs, ils sont aussi nombreux que d’ordre endogène et exogène et vont d l’acculturation à la mauvaise assimilation des mœurs, coutumes et traditions étrangères. Naturellement, il y a aussi les effets pervers des mauvais comportements venus d’ailleurs. Par ailleurs, les facteurs déterminants de ce phénomène calamiteux de divorce aussi nombreux qu’ils atteignent toutes les catégories sociopolitique. Tous les groupes d’âge doivent donc méditer afin d’envisager des solutions idoines.

La famille est le socle ou la base de toute société

Lorsque le foyer conjugal échoue, c’est toute la société qui s’effondre. Et par assimilation, tout mariage qui n’est pas fondé sur des bases solides est appelé à « s’éclabousser » par une séparation aussi douloureuse que tardive ou précoce. Les causes et facteurs de ce drame sont dus à un laisser aller notoire des jeunes filles encouragé par leurs propres parents qui ne s’occupent guère de leur éducation, encore moins de leur préparation morale pour le mariage : ce qui, de nos jours, manque cruellement dans nos sociétés. Si bien que les jeunes filles parviennent dans leur foyer conjugal sans aucune notion élémentaire du mariage. A cela il faut ajouter la quasi-inexistence de toute autre éducation des enfants et des filles, en dehors de l’école.

Au sein des familles, ni le père ni la mère ne s’appliquent à cette tache pour combler cette carence d’éducation conjugale. Or l’éducation que la rue prodigue aux filles avant leur mariage, est dépravante, destructrice, avilissante, paresseuse, négligente et ne peut donc pas permettre à une fille de tenir dans un mariage. A l’origine de cette hausse du taux de divorce au Mali ces dernières années, il faut citer la propagation de la toxicomanie, du tabac, de l’alcool et de l’extrême pauvreté due à la récurrence du chômage. Pour une société comme la nôtre qui est assise sur les traditions plus que sur le modernisme, il est bien paradoxal qu’un chiffre de divorce aussi élevé puisse être prononcé dans seulement un intervalle de deux ans.

Ainsi, 852 cas de divorce ont été constatés en 2009, contre 1128 cas de divorce prononcé en 2011. Face à un taux aussi élevé, il y a lieu de revoir les bases de notre société qui sen trouve sur une pente glissante sans précédent. Aussi, chaque citoyen doit se sentir interpellé en vue d’apporter sa pierre à l’édification sociale qui va en décadence. On dit que « le mariage est le triomphe de l’espérance sur l’expérience ». Et c’est bien sur cette espérance que se fonde toute société d’avenir.

Abdoulaye Faman Coulibaly

Le Combat du 12 Juin 2012