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Dix mois après, le Républicain a rencontré, en marge de la conférence internationale sur « jeunesse et désertification« , celle qui fut la porte-parole de la jeunesse africaine lors de ce sommet de Bamako, la camerounaise Tamoifo Marie, qui nous a fait le bilan des résultats de cette adresse historique des jeunes de l’Afrique et elle fait part des attentes de la jeunesse africaine.

Le Républicain : Qu’est-ce qui vous a le plus marqué lors du 23e Sommet Afrique-France en tant que porte-parole de la Jeunesse africaine ?

Tamoifo Marie : Lors du Sommet Afrique-France qui s’est tenu à Bamako en décembre dernier, ce qui m’a le plus marqué, c’était la place qu’on avait donnée à la jeunesse pendant cet événement et c’était aussi le privilège que nous, jeunes, avions eu de pouvoir nous adresser aux chefs d’Etat d’Afrique et de France. ça, c’était une image un peu forte que j’ai gardée c’est-à-dire le fait qu’on s’est adressé directement aux chefs d’Etat.

Q : Dans cette adresse aux chefs d’Etat, la jeunesse a fait des recommandations. Avez-vous mis une stratégie en place pour le suivi de ces recommandations ?

R : Effectivement à la suite de ce Sommet, c’est vrai que les recommandations étaient intégrées dans l’adresse qui a été lue. Au delà, nous avions proposé avec les autres délégués des cinq régions de l’Afrique, que ces recommandations puissent être axées vers une stratégie de coordination continentale.

Actuellement, nous sommes en train de travailler et nous sommes rester en contact avec tous les autres délégués des autres pays de l’Afrique qui étaient là lors du forum de la jeunesse.

Et moi en tant que porte-parole au niveau du Cameroun, je suis de très près l’évolution. Je fais tout pour envoyer des rapports afin de rester présente sur la scène à la fois continentale auprès des jeunes, des partenaires et des Etats.

Nous attendons les réactions de tous par rapport aux recommandations et aux rapports envoyés. J’ai aussi eu la chance d’aller à Paris lors des journées du réseau où j’ai échangé sur la stratégie et les attentes parce que le temps passe et puis il faudrait bien que quelque chose suive. Nous sommes donc sur cette lancée et j’espère que d’ici quelque temps ça va se dénouer.

Q : Est-ce à dire que dix mois après l’adresse aux chefs d’Etat, la jeunesse est toujours dans l’attente ?

R : Non, elle n’est pas dans l’attente. Je pense qu’il y a des choses qui sont en train de se faire dans les pays. Nous, nous sommes dans l’attente d’avoir justement une coordination puisqu’on va vers le conseil africain de la Jeunesse.

Nous sommes dans l’attente par rapport à cette Commission avec les autres en termes de communication, d’information, de restitution. C’est beaucoup plus de ça et puis d’attentes vis-à-vis des chefs d’Etat.

Oui, je dois dire que par rapport à la réaction des chefs d’Etat africain, c’est de voir cette réaction se faire sentir.

Q; Au cours de ce Sommet, les chefs d’Etat ont dû faire des promesses à la jeunesse. Qu’en est-il ?

R : En fait, il y a une réponse qui a été donnée par les chefs d’Etat. Ensuite, il y a eu un communiqué final. Je pense qu’avec l’aide des autres délégués, nous avons les facilités que nous attendons pour pouvoir voir un peu l’évolution et organiser des rencontres nationales de restitution auprès des autres jeunes.

Donc nous attendrons de voir vivement que cela soit fait et ce qui a été fait. Ce sera alors une sorte de bilan à mi-parcours.

Q: Les jeunes sont-ils toujours déterminés à s’occuper des politiques ?

R : (rires) Bon oui, les jeunes sont tout à fait déterminés. C’est une place qui revient aussi à la jeunesse. Nous pensons que tous les acteurs sont impliqués, à la fois les politiques, mais aussi les jeunes qui ont leur place. Ce serait bien qu’ils puissent participer au développement de leur pays.

Entretien réalisé par

Idrissa Maïga

06 septembre 2006.