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Talents cachés, la tribune d’expression des jeunes champions, est allée à la découverte d’Aissata Keita championne du Mali de shotokan depuis cinq ans.

jpg_une-915.jpgLe Shotokan est un art martial alliant souplesse, rapidité et puissance. En une fraction de seconde, pieds et jambes balaient l’air et viennent fouetter le corps de l’adversaire. Voici en quelques lignes la discipline dans laquelle Aissata Keita porte la couronne de championne du Mali depuis cinq ans. Ceinture noir deuxième dan, Aissata Keita déteste arriver en retard dans la salle d’entrainements et porte une attention particulière à sa ténue de combat, impeccable jusqu’aux moindre détails. « J’étais toute gamine lorsque j’ai commencé à pratiquer le shotokan.

J’avais sept ans et ça m’a plu tout de suite. Malgré que les premières années m’ont paru difficile, je n’ai pas lâché du lest car dans ce sport, il arrive un moment où l’on a conscience de faire partie d’une équipe, et même d’une véritable famille en un mot je prenais du plaisir », explique-t-elle .Pour elle, le plus dur au karaté est de tenir le rythme effréné des entrainements, quatre fois par semaine, dès fois se lever à 6 h du matin pour le footing obligatoire, entre les séances d’étirements, de techniques de jambes, de musculation et de combat, il y a souvent juste un bout de temps pour se reposer reconnait-Aissata.

Lors du tournoi international de la zone II de karaté, Aissata Keita s’est distinguée en offrant au Mali une belle médaille d’or. Elle récidive en coupe d’Afrique de karaté sur les terres Béninoises. Sa plus grande joie est la médaille d’or remportée sur les berges du fleuve Niger devant les siens à l’occasion du tournoi open international Abdoul Wahab Traoré au nez et à la barbe de l’équipe Sénégalaise qui était championne d’Afrique en titre. Après cette victoire, toute la salle scandait mon et j’étais aux anges confie-t-elle.

Sa devise n’est-elle pas : « je ne doute de rien, je fonce ». Elle a gagné, cette médaille d’or en repoussant ses propres limites et en transformant ses peurs en énergie. « Mon plus grand regret est que ma discipline n’est pas présente aux jeux olympiques, sinon comme Daba Modibo Diawara en taekwondo, la référence des pratiquants du Karaté au Mali, j’allais offrir a mon très cher Mali des tas de médailles d’or », lance-t-elle.

Reconnaissante, Aissata a tenu a remercié son mentor et coach Cheick Ahmed Traoré dit Ba et son adjoint Gaoussou Sidibé ainsi que touts ses coéquipiers et coéquipières. Elle a affirmé que nonobstant les résultats positifs qu’elle enregistre, la fédération de karaté est confrontée à d’énormes problèmes, qui risquent de freiner son élan.

Moussa S Diallo

Le Républicain du 23 Juillet 2012