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Au moment où les élus de la nation votaient le projet de loi sur la privatisation de la CMDT, le Mouvement des Sans Voix, prenait le peuple malien à témoin sur les conséquences de la privatisation de la Compagnie. Et de dire que la privatisation porte atteinte à notre souveraineté et assujetti davantage notre peuple livré aux intérêts égocentristes de l’agro-business, des multinationales et d’un petit groupe d’élites privilégiées.

C’est chose faite depuis samedi 2 août, la voie à la privatisation est désormais ouverte à la Compagnie malienne pour le développement du textile. Les élus de la nation ont donné leur quitus sur le retrait de l’Etat au capital de la compagnie cotonnière. Les députés se sont prononcés sur le projet de loi y afférent mettant ainsi un terme à une polémique qui a suscité les plus vives appréhensions au sein de la population qui a, pour une large part, exprimé sa désapprobation.

Sur cette privatisation sous la dictée de la Banque mondiale, le Mouvement des Sans Voix a fait connaître sa position à l’opinion publique malienne. Selon le Secrétaire général du bureau du Mouvement, les programmes de privatisations et de pseudo privatisations en marche dans notre pays depuis plus de deux décennies, ont engendré un nouvel esclavage.

Pour les « Sans Voix », ce gros scandale de « violation des droits humains nourrit du processus du Cadre stratégique de croissance et de réduction de la pauvreté (CSCRP) du trio Banque mondiale, FMI et OMC inspire malheureusement le PDES (Programme de développement économique et social) ».
« Le Mouvement des Sans Voix, comme dans le passé, s’est toujours opposé au processus de bradage systématique de nos sociétés et entreprises d’Etat, patrimoines de notre peuple et moteurs de notre développement social et économique », a dit M. Bamba.

A preuve, la filière-coton représente au Mali 6345 villages, 175 000 exploitations de coton, plus de 3 millions de personnes vivent directement de la filière coton, des milliards par an, soit 8 % du produit intérieur brut (PIB)…

« C’est ce secteur vital de l’économie nationale qui passera dans des mains des prédateurs des biens d’autrui, plongeant du coup notre pays dans une profonde crise de société, des licenciements massifs de travailleurs, l’accentuation de la situation d’appauvrissement et de surendettement des couches rurales, du chômage et l’immigration forcée des jeunes dans les enclaves de Ceuta et Melilla, de la famine », a encore martelé Tahirou Bamba.

Pour le Mouvement, en dépit de la mauvaise gestion orchestrée par l’Etat due au laxisme, à la corruption et à l’absence de l’autorité de l’Etat, la CMDT doit rester sous le contrôle du Mali en valorisant les alternatives de réforme des services publics proposées par les organisations syndicales et les mouvements sociaux populaires et auxquelles restent sourdes la Banque mondiale, ses multinationales et ses élites décideurs corrompues.

La vague des opérations de privatisations orchestrées par les autorités maliennes ces dernières années, participe du diktat des bailleurs de fonds, comme la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI). Plusieurs années ainsi après ces privatisations massives, le constat est des plus catastrophiques : un échec cuisant pour le l’Etat malien.

Pour les « Sans Voix », les privatisations au Mali n’ont contribué qu’à appauvrir le peuple au profit d’une minorité dont le seul souci est la défense des intérêts personnels.
En clair, a-t-il ajouté, « l’Etat a failli à ses devoirs. Il se doit d’être fort et de prendre ses responsabilités en instaurant à ses cadres une démarche de bonne conduite pour la gestion des ressources publiques. Car la privatisation n’est nullement une solution », a tranché M. Bamba.


Amadou Sidibé

04 Aout 2008