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Fraîchement rentrés au bercail après la 5e Coupe du monde francophone de taekwondo avec dans la cagnotte plusieurs médailles individuelles et le rang de 1re sélection du tournoi, les défendeurs des couleurs nationales sont heureux de leurs performances. Mais, tout en reconnaissant les efforts déployés, ils souhaitent de meilleures conditions de travail.

S’il y a un sport dont le Mali peut se glorifier, c’est sans doute le taekwondo. Ces derniers temps, la discipline a permis à notre pays d’étoffer son tableau de médailles et de se faire respecter sur le plan africain, voire mondial.

La 5e Coupe du monde francophone de taekwondo, qui s’est tenue les 25 et 26 mai derniers à Libreville au Gabon et qui a enregistré la participation de 21 pays d’Afrique, d’Europe en plus de l’Israël et du Vietnam, s’est inscrite dans cette dynamique gagnante pour le taekwondo malien.

Le Mali y en est sorti haut les mains, avec à la clé plusieurs médailles individuelles et une médaille d’or supplémentaire de 1re place pour l’équipe nationale. Cette belle performance, n’est pas tombée du ciel.

Elle est le fruit d’une bonne préparation, car l’équipe malienne, qui ne comportait que des champions nationaux et sous-régionaux, a fait deux mois de préparation intense et dix jours d’internat grâce aux concours du Comité national olympique et sportif du Mali et du ministère de la Jeunesse et des Sports, se félicite Yacouba Traoré, secrétaire général adjoint de la Fédération malienne de taekwondo (ceinture noire 4e dan).

C’est donc requinqué par une bonne préparation que les représentants maliens ont effectué le déplacement de Libreville.

« Nous étions partis pour gagner », a dit l’entraîneur Mohamed Touré, ceinture noire 4e dan. Mais au départ de la compétition, rien n’était évident : « Le début de la compétition a été dur pour nous et nos combattants avaient peur parce qu’ils n’étaient pas du tout habitués à combattre avec le plastron électronique.

Avec ce matériel de combat, il faut taper fort pour que le point soit marqué », témoigne Mohamed Touré.

Cependant, au fil du temps, les combattants s’y sont habitués avec les consignes prodiguées par le staff technique.

« Malgré le fait que certains pays partaient favoris, notre entraîneur nous a redynamisés et nous lui avions promis de nous battre. Notre volonté de bien faire a été décisive dans le tournoi », révèle Aminata Makou Traoré, médaillée de bronze et capitaine des filles.

Des doléances

« Nous nous sommes bien comportés et sommes fiers maintenant. Nous avons eu ce que nous méritons », se félicite Mamadou Touré, capitaine des garçons et médaillé d’argent.

Cependant, ces héros nationaux n’entendent pas s’arrêter en si un bon chemin, nourrissant beaucoup d’ambitions. « Nous avons envie de mieux représenter le Mali en faisant plus », confie Aminata M. Traoré.

Pour cela, pensent-ils, un certain nombre de moyens doivent être mis à leur disposition. « Nous souhaitons avoir une salle d’entraînement équipé d’un tapis et des matériels de combat. Il nous faut surtout le plastron électronique, sinon nous serons défavorisés par rapport aux autres », demande aux autorités l’entraîneur Mohamed Touré.

En plus de beaucoup d’autres compétitions internationales de haut niveau, les combattants implorent l’implication des autorités dans l’amélioration de leur nourriture.

Il est aussi demandé aux responsables de « faire plus d’efforts pour que nous puissions avoir des bourses. Les combattants des autres pays ont des bourses pour la France, les Etats-Unis… Pourquoi pas nous ? »

Sur le plan des études, les médaillés souhaiteraient aussi l’accompagnement des autorités, à l’image de Diahara Touré, ceinture noire 1er dan et médaillé d’or dans la catégorie des -57 kgs. « Je fais la 11e SH au lycée Mamadou Sarr de Lafiabougou. Le trimestre a eu lieu quand j’étais à Libreville pour la compétition.

Je dois composer seule, mais la date reste à préciser par le proviseur. Je souhaiterais avoir un professeur à ma disposition pour réviser », sollicite-t-elle.

Des doléances qui trouveront certainement des échos favorables auprès du ministre de la Jeunesse et Sports, Hamane Niang, qui doit les recevoir bientôt pour leur témoigner toute la reconnaissance de la nation.

Pour l’heure, les yeux sont braqués sur les Jeux olympiques auxquels le champion du monde Daba Modibo Kéita, actuellement en préparation aux USA, doit participer. Signalons que ce dernier avait décroché sa 1re médaille d’or internationale à ce même championnat du monde francophone en 2005 à Niamey.

Gageons simplement que ces braves médaillés de Libreville lui emboîtent le pas dans la conquête d’une médaille d’or mondiale !

Ogopémo Ouologuem

(stagiaire)


Liste des médaillés
Garçons

Mamadou Touré (argent)

Bourahima Doumbia (bronze)

Lassine Diawara (or)


Filles

Aminata Makou Traoré (bronze)

Diahara Touré (or)

Mariam Diarra (bronze)

Djénéba Diarra (or)


Echos du

02 Juin 2008