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En effet, les partenaires au développement qui ont bien apprécié les efforts faits par le gouvernement en matière de lutte contre la pauvreté et pour la croissance économique, ont promis leur accompagnement pour la période 2008-2011. La cérémonie de clôture comme celle de l’ouverture était présidée par le Premier ministre, Modibo Sidibé.

Les partenaires techniques et financiers se sont réjouis de l’application des recommandations de la précédente Table ronde qui s’était tenue à Genève en 2004. La mise en oeuvre du Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté (CSLP) et l’élaboration du Cadre stratégique pour la croissance et la réduction de la pauvreté (deuxième génération du CSLP) ont obtenu le satisfecit des bailleurs de fonds.

La conférence a constaté avec satisfaction que des progrès ont été faits dans l’exécution de la Déclaration de Paris et que la gestion des finances publiques s’améliore constamment avec une approche basée sur les résultats. La décentralisation est effective. L’accent été justement mis sur la nécessité d’accélérer le transfert des compétences et des ressources aux collectivités locales dans le cadre de ce vaste processus.

Amélioration de la gouvernance.

Il est souhaité que le gouvernement réexamine sa politique dans le domaine de la gestion de l’aide à la lumière de la stratégie commune d’assistance présentée par certains partenaires, afin de mieux s’approprier les mécanismes de coordination et d’harmonisation.

Constatant l’amélioration de la gouvernance sous plusieurs aspects, la Table ronde a recommandé la poursuite et le renforcement des efforts en cours dans les domaines du développement institutionnel, de la justice, en matière de genre et de gestion économique et financière. L’initiative d’organiser les états généraux sur la lutte contre la corruption a été fortement saluée.

La relecture du Code de la personnes et de la famille est un autre sujet d’actualité qui a retenu l’attention de la conférence. Celle-ci préconise que le nouveau Code puisse être adoptée dans les meilleurs délais possibles et que des mesures appropriées soient prises pour la mise en oeuvre du plan d’action 2008-2012 de lutte contre la pratique de l’excision.

Tout en se félicitant de la participation de la société civile aux travaux (une nouveauté), la conférence a souhaité une plus grande implication de celle-ci dans les processus décisionnels et dans la mise en oeuvre des programmes de développement.

Concernant l’ambition du gouvernement d’accélérer la croissance économique en faisant du secteur agricole le moteur du développement et du secteur privé son vecteur, le pays et ses partenaires conviennent qu’il faut préciser l’ordre séquentiel de mise en oeuvre des mesures envisagées à cet effet.

L’accélération des reformes structurelles en vue de l’amélioration des performances globales du pays est souhaité. Il en est de même pour la restructuration de l’Office du Niger. Les partenaires ont reconnu la pertinence de l’Initiative riz du gouvernement.

Une opportunuité unique.

Cependant, en dépit des avancées constatées dans tous les domaines (accès à l’eau potable, éducation de base, santé, lutte contre le sida), la Table ronde a estimé que le Mali risque de ne pas atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement à l’horizon 2015.

En raison surtout de la forte croissance démographique et de la crise alimentaire actuelle qui s’inscrira certainement dans la durée. Cette crise offre en même temps une opportunité unique pour le développement de la production céréalière nationale.

La conférence a demandé à ce que les contours de l’initiative de localisation des OMD dans les 166 communes les plus vulnérables et de ses structures de gestion soient plus précisés.

Par ailleurs, les partenaires se sont engagés à accompagner le gouvernement dans la mise en oeuvre du schéma directeur de la statistique. Dans ce cadre, l’accent sera mis sur la nécessité de la mutation institutionnelle de la Direction nationale de la statistique et de l’informatique (DNSI) en structure de statistique centrale dotée de l’autonomie financière et scientifique.

Il est proposé de consolider la revue annuelle du Cadre stratégique pour la croissance et la réduction de la pauvreté (CSCRP) avec des revues sectorielles et le processus budgétaire. La préparation d’un calendrier harmonisé des différentes revues ainsi que leur inscription dans le cycle budgétaire sont envisagés.

Pour couvrir les besoins de financement du CSCRP, des OMD et Projet de développement économique et social (PDES), le gouvernement s’est engagé à mobiliser davantage les ressources internes par l’augmentation des recettes fiscales et la recherche de ressources extérieures notamment, à travers des dons et prêts à des taux préférentiels.

L’un des temps forts de la Table ronde a été l’annonce des intentions de financement. Et les bailleurs de fonds se sont montrés généreux. Au total, le montant des intentions de financement sur la période 2008-2012 se chiffrent à un peu plus de 3200 milliards Fcfa. Les annonces faites au titre de la période 2008-2011 s’élève à 2634 milliards de Fcfa, (environ 5,3 milliards de dollars).

Ensuite, certains partenaires ont annoncé des intentions pour l’année 2012 se chiffrant à 581 milliards Fcfa (1,2 milliards de dollars).
La Table ronde a recommandé que l’exécution de ces engagements et du CSCRP soit revue conjointement sur une base annuelle par une commission mixte.

Un cadre de concertation régulière.

La Stratégie de croissance accélérée du gouvernement a obtenu le soutien ferme des partenaires qui se sont engagés à poursuivre les consultations en vue de mobiliser les ressources nécessaires à sa mise en oeuvre ainsi qu’à celle du Plan décennal des OMD.

Des recommandations spécifiques ont été faites, comme la tenue dans les meilleurs délais de consultations sectorielles dans diverses domaines : le plan de développement agro-sylvo-pastoral, la promotion des exportations et l’intégration du Mali dans le commerce mondial, le schéma directeur de la statistique et son plan de mise en oeuvre, l’initiative de localisation des OMD dans les 166 communes, le Programme national de sécurité alimentaire.

Dans le cadre de la politique nationale de gestion de l’aide, le gouvernement envisage de proposer un cadre pour une concertation régulière avec l’ensemble de ses partenaires. La prochaine Table ronde est prévue pour 2012.
Dans son discours de clôture, le Premier ministre, Modibé Sidibé, s’est réjoui de la confiance des partenaires dans la vision de notre pays pour son développement.

Le chef du gouvernement a indiqué que le Mali sort de cette conférence avec le sentiment qu’il peut atteindre ses objectifs grâce à l’appui de ses partenaires techniques et financiers.

Il a assuré que le gouvernement procédera aux reformes nécessaires et que les observations pertinentes et les suggestions seront prises en compte.


F. MAÏGA

16 Juin 2008