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Moment de partage, de convivialité, la fête de Tabaski n’est pas sans incidence financière. Sa préparation coupe le sommeil aux chefs de famille à cause de son caractère dépensier.

La fête de Tabaski s’approche à grands pas et nombre de chefs de famille ne cachent pas leur inquiétude face aux dépenses. En plus du mouton de sacrifice du grand jour, viennent généralement s’ajouter d’autres dépenses rendant l’après-fête très rude pour les chefs de famille.

La Tabaski, considérée comme un moment de pardon, d’attente et de paix se transforme généralement en calvaire pour les chefs de famille qui se tracassent pour avoir le bélier. Non seulement le prix grimpe sur le marché mais aussi les chefs de famille doivent satisfaire une demande vestimentaire. Les paramètres du défi sont nombreux en cette période de crise généralisée.

Agé de 50 ans, Gaoussou Sacko est père de cinq enfants dont trois filles. Il est chauffeur et habite à Banankabougou en Commune VI de Bamako.  Il témoigne de son vécu. « Nous sommes à deux semaines de la fête de Tabaski, je n’ai aucun espoir encore. Je suis très inquiet, parfois je me couche, je ne dors même pas ».

La préoccupation de l’homme, c’est comment avoir le mouton dont le prix monte d’année en année. Et de s’interroger si à ce rythme, dans les années à venir, les pauvres comme lui pourront s’acheter le « lahiya » qui est une obligation pour magnifier le sacrifice d’Abraham le jour de la Tabaski.

« A chaque fête, le prix du mouton prend l’ascenseur, il double, voire triple chaque année, de telle sorte que la célébration de cette fête est devenue source de grande inquiétude pour nous les pauvres », déplore-t-il.

 Il affirme que les béliers moyens varient entre 40 000 et 250 000 CFA à la veille de la Tabaski alors que les temps sont durs. De plus, il se doit de satisfaire les dépenses vestimentaires de la famille. Son épouse s’attend au tissu Bazin le plus coûteux. Les enfants ne sont pas en reste. En plus des habits, il faut la coiffure et les chaussures pour ne pas les voir tristes le jour de la fête.

En attendant la rentrée des classes source d’autres dépenses, Gaoussou Sacko pense faire un choix : laisser tomber le mouton pour satisfaire les besoins vestimentaires de la famille. Philosophe, il rappelle qu’ »à l’impossible nul n’est tenu ».

Adam Diallo
Stagiaire
L’Indicateur du Renouveau du 18 Aout 2017