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A 12 jours de la fête de l’Aïd-el-kébir, prévue pour le mardi 20 juillet 202, les vendeurs attendent désespérément les clients. Les tailleurs se frottent les mains avec des montagnes de tissus dans leurs ateliers.  

Mardi 6 juillet 2021. Il est 10 h au « Garbal » de Faladié en Commune VI, l’un des grands marchés de bétails du District de Bamako. A 12 jours de la fête de Tabaski, les vendeurs attendent désespérément des clients. Et le marché n’est pas très approvisionné comme les autres années à la même période.

Abdou Diane est vendeur de mouton. Assis à côté de ses bêtes, il attend encore son premier acheteur de la journée. « Tous ceux qui se sont présentés tôt ce matin sont répartis à cause des prix des moutons qui varient entre 100 000 et 400 000 FCFA », nous lance Abdou Diane qui désire rapidement vendre ses moutons de races améliorées. Cette situation ne m’arrange pas puisse que je dépense environ 15 000 F CFA par jour dans l’entretien et l’alimentation des bovins », souligne-t-il.

Plus loin, Moussa Kolo discute avec son cinquième vendeur de moutons de la journée. Ce client a fait presque le tour de tous les hangars. « Cette année, le mouton est cher.  Je voulais en  acheter un, mais on me dit 120 000 FCFA. Or, je n’ai que 85 000 FCFA. Pour une différence de 35 000 F CFA, il m’est difficile de conclure le marché », déclare-t-il. Soudain le vendeur lui propose un autre bélier mais plus petit. Ce qui est loin d’être son goût. Après une longue réflexion, Monsieur Kolo se résigne à accepter cette proposition.

Si certains attendent la dernière minute pour acheter le mouton de sacrifice, des personnes interrogées ça et là mettent un accent particulier sur les prix des animaux. Une cherté due essentiellement, selon certains témoignages, aux difficultés de transport des moutons dans un contexte d’insécurité grandissante frappant plusieurs localités du pays.

Si les chefs de famille s’occupent de l’achat des moutons du sacrifice, les femmes prennent d’assaut les ateliers de couture très sollicités en ces moments. Les machines à coudre ne s’arrêtent pas et les ciseaux coupent de façon permanente les tissus de pagnes ou de bazins. Les tailleurs, eux, se frottent bien les mains.

Vendeuse de légumes au marché de Niamakoro, Mme Djénéba Diakité s’affaire pour mettre la pression sur son tailleur. Assise dernière sa table, la jeune dame nous explique :  « Je reviens de chez mon tailleur, pour m’assurer  qu’il avait bien reçu nos habits de fête. Parce que si je n’y songe pas dès maintenant, je risque de décevoir mes enfants, car la plus part des tailleurs tiennent rarement parole et vous déçoivent à quelques jours de la fête ».

Tailleur,  Issiaka Traoré a son atelier de couture, situé non loin du marché de Kalaban Coura.  « Les fêtes religieuses, comme la Tabaski sont des moments fructueux pour nous », reconnaît le chef d’atelier Traoré. Il relativise les retombées financières de la fête sur leur activité à cause des difficultés du pays. « Nos chances peuvent être très minimes à cause des difficultés financières que traverse notre pays. Les clients se bousculent rarement dans certaines localités, sauf en cas d’urgence de mariage ou de baptême », indique M. Traoré.

Issiaka Traoré rejette certaines accusations formulées contre les tailleurs par des clients qui n’arrivent pas à avoir leurs habits de fête. « Nous ne sommes pas des donneurs de faux rendez-vous comme nous qualifient certaines personnes. Beaucoup de personnes attendent à la dernière minute pour nous amener leurs habits. Je pense que la vérité blesse mais il faut la dire. En tant qu’être humain, nous pouvons tous avoir des imprévus, tels que des cas d’urgence, on ne sait jamais. Si les gens essaient de comprendre ces facteurs. Cela nous aideraient beaucoup dans notre métier », clarifie Issiaka Traoré.

Rahmatou SALL Stagiaire

Source: Le Challenger