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Le développement de l’offre scolaire s’est fait sans augmentation significative des infrastructures. Il s’est appuyé d’une part, on l’a dit, sur les structures privées (notamment les écoles communautaires villageoises) d’autre part, sur une réorganisation du temps scolaire dans les écoles publiques et un allègement du programme scolaire.

Le système de la double vacation s’est développé en milieu urbain, sous la forme de l’encadrement de deux classes par un même enseignant, l’une le matin, l’autre l’après-midi. Le nombre d’élèves par enseignant a significativement augmenté : jusqu’en 1990, la moyenne dans l’enseignement fondamental n’avait jamais dépassé 45.


Des disparités

En 2001-2002, elle est de 61 élèves et la courbe est encore ascendante d’après la Cellule de Planification Statistique du ministère en charge de l’Education. Cette moyenne masque cependant des disparités importantes. Il n’est pas rare que le ratio élèves/maîtres dépasse 100 dans les premières classes de l’enseignement fondamental, notamment dans les écoles villageoises.

Le mode de rémunération des enseignants des écoles communautaires, généralement proportionnel au nombre d’élèves (les parents remettant à l’enseignant une contribution par enfant scolarisé), l’importance de la demande et le manque de candidats aux postes d’enseignants en brousse, sont autant de facteurs qui contribuent à la surcharge des classes.

Par ailleurs, afin d’augmenter le rendement scolaire dans l’enseignement du premier cycle, un système de quota, limitant le taux de redoublement à 15% remplace désormais l’évaluation sur résultats dans la gestion de la progression scolaire.

Les exigences des bailleurs de fonds

Les aménagements adoptés pour permettre le développement de la scolarisation ne sont donc pas sans risque sur le niveau de la formation dispensée et des diplômes. La principale limite de la politique de scolarisation tient probablement à sa mobilisation sur des objectifs de réussite essentiellement qualitatifs.

Cette priorité est-elle même à rapporter aux exigences des bailleurs internationaux qui subordonnent la poursuite des financements à la réalisation des résultats quantifiables.

Mamoutou DIALLO (Stagiaire)

14 Juillet 2008