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Durant les trente premières années de son indépendance, le Mali a conduit son développement économique et social par la réalisation de plans de développement. Les expériences, en la matière, ont varié dans le temps et passé du centralisme à la décentralisation.

Depuis 1991, il n’existe plus de plan national de développement économique et social au Mali. Est-ce donc la fin de l’engouement pour la planification ? Certes non.
Mais en raison des insuffisances mêmes du système, et surtout de l’ampleur de la crise économique et financière marquée, entre autres, par les déséquilibres des finances publiques et de la balance des paiements, le Mali a opté, depuis peu, pour un Programme d’Ajustement Structurel (PAS).

Cette option l’a donc conduit à conclure, avec les institutions de Bretton Wood (Banque Mondiale et Fonds Monétaire International), des programmes de réforme économique, dont l’objectif fondamental était le rétablissement des équilibres macro-économiques et financiers de court terme.

Dès lors, les préoccupations économiques de court terme ont pris le pas sur la politique de développement à moyen et longs termes. Ce qui a conduit à l’affaiblissement de la planification en tant que système de gestion de l’économie, et a mis le Mali sous l’influence des institutions de Bretton-Wood, qui voulaient même une rupture systématique d’avec ce model de planification.

La démarche visait surtout une libéralisation de l’économie, avec un secteur privé fort qui deviendrait un acteur déterminant de la vie économique du pays. Mais si l’ajustement structurel est nécessaire pour le rétablissement des équilibres macro-économiques, on s’aperçoit désormais qu’il ne suffit pas pour assurer les conditions voulues pour la reprise d’un développement durable et équitable.

En effet, généralement, les programmes s’attellent au court terme et n’abordent pas pleinement les questions suivantes : l’équité et la redistribution des richesses dans l’équation de la croissance, la manière d’intégrer les pauvres au processus de développement, les variables écologiques, qui sont d’une importance fondamentale pour le développement durable, la responsabilisation effective des collectivités locales dans la conception, l’élaboration et la mise en oeuvre de leur développement.

Pour s’adapter au nouveau contexte politique économique national et à l’environnement économique international, la nouvelle forme de gestion du développement et de l’économie nationale doit intégrer le cadre d’une planification bien adaptée et couplée aux aspects d’aménagement du territoire, l’élan suscité par le système démocratique ouvert et la politique de décentralisation qui existent au Mali.

Toutefois, il faut reconnaître que dans ce nouveau système politique, le gouvernement est toujours à la recherche de la voie la plus appropriée à la gestion de l’économique nationale. Cet exercice prend plus de temps que prévu, et se traduit, dans l’immédiat, par l’absence totale de planification autre que le cadrage macro-économique élaboré avec le FMI et la Banque Mondiale.

Au regard de toutes ces considérations, les autorités de la troisième République ont opté pour un développement du pays, par une stratégie de d’aménagement du territoire assortie de schémas d’aménagement qui responsabilisent les collectivités locales dans la conception, l’élaboration et la mise en oeuvre du développement de leur territoire.

Bakoroba COULIBALY

11 Février 2008.