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1-40.jpg Mme Sy affirme pratiquer cette activité depuis plus de dix-huit ans, car cela remonte dans les années 90, année à laquelle elle a pris sa retraite. Elle explique qu’elle n’est pas venue dans cette activité par hasard. « J’avais l’habitude de préparer moi-même ma pâte d’arachide destinée à la consommation de ma famille. Alors après avoir pris ma retraite, j’ai décidé de continuer dans cette voix pour faire profiter aux autres femmes le bon goût de la pâte d’arachide. Et s’il y a une chose qui m’a beaucoup motivée dans ce sens, c’est vraiment l’amour du travail bien fait« , explique-t-elle.

Parlant du mécanisme de transformation de son produit, notre interlocutrice indique qu’elle est fournie en matière première, c’est-à-dire en graine d’arachide par un commerçant qui tient son magasin au Grand marché. Celui-ci lui cède le sac à 45.000 Fcfa. La seconde phase consistera à trier les graines pour enlever les résidus, les griller au four et enfin amener au moulin pour les réduire en pâte. La pâte récupérée est ensuite mise dans des récipients en plastique munis de couvercle. Ce processus terminé, le produit est livré selon la commande. Le récipient de 20 kg est vendu à 20.000 Fcfa, celui de 10 Kg à 9000 Fcfa et 5000 Fcfa pour le récipient de 5 Kg.

Selon Mme Sy, ces prix peuvent varier en fonction du prix d’acquisition du sac. Elle affirme aussi que ses clients sont principalement les travailleurs des banques et autres grands services de l’administration. La pâte d’arachide de Mme Sy est également très appréciée par les ménagères de son quartier. Un autre aspect de cette activité c’est que les résidus de la graine d’arachide sont transformés pour en faire des savons qui sont utilisés aussi bien pour la lessive que pour la propreté du corps. Ils sont particulièrement efficaces contre les acnés et autres démangeaisons de la peau.

« Depuis que je suis dans cette activité, je suis financièrement indépendante et j’arrive nettement à faire face aux dépenses familiales depuis la disparition de mon époux. Mieux, j’ai effectué le pèlerinage à La Mecque« , confie Fanta Agne avec une note de fierté. Toute chose qui signifie que cette brave dame doit son succès à la qualité de sa prestation.

Commerce de fripes.

Mme Guindo Safiatou Mallé est la confirmation de l’adage : « il n’y a pas de sot métier, mais il y a de sottes gens« . Cette cinquantenaire à la retraite fait aujourd’hui le commerce de fripes au Grand marché. Elle est aidée dans son activité par sa fille. Mme Guindo explique qu’elle a opté pour ce commerce car elle lui permet d’être en contact avec beaucoup de monde, mais aussi et surtout, cela représente pour elle, une source de revenus. En moyenne et selon les saisons, la marchande de fripe peut gagner 15.000 à 20.000 Fcfa. Avec ce que son commerce génère comme gain et son allocation retraite, elle peut faire face aux charges de la famille. « Comme vous pouvez le constater, je suis plutôt superviseur que vendeuse. C’est ma fille qui s’occupe de la disposition et du marchandage des articles. J’interviens seulement lorsqu’elle ne s’entend pas avec les clients« , conclut-elle toute souriante.

Oumou Kané, contrairement à Fanta Agne et Safiatou Mallé, a pris sa retraite anticipée à cause d’un problème social qu’elle n’a pas voulu évoquer. Un certain temps après, elle a décidé de monter une affaire avec l’aide de son frère. Pour ce faire, elle a pensé à se lancer dans le petit commerce des jus de fruit. Il s’agit du jus de gingembre, de bissap (dabléni) et de fruit de baobab. « Au début, je ne pensais pas que ça allait marcher. Mais plus vite, les gens ont commencé à apprécier mes jus et ma clientèle a augmenté. Alors j’ai acheté un congélateur pour augmenter ma préparation« , raconte-t-elle. Chaque jour, Oumou prépare ses jus. L’unité est vendue à 50 et 100 Fcfa. Une grande partie de la préparation est déposée dans le garage en face de son domicile dont les mécaniciens figurent parmi ses fidèles clients. Le reste est conservé dans le congélateur pour les autres clients du quartier. La vente peut lui apporter jusqu’à 4000 Fcfa de bénéfices par jour surtout en période de chaleur. « J’avoue que mon activité m’a été d’un apport précieux. Après avoir pris ma retraite, je n’avais aucune idée de ce que serait mon avenir. Mais avec l’aide de Dieu et de ma famille, je m’en sors bien, et je ne peux que m’en réjouir« , confie-t-elle.

Ces femmes qui entreprennent des activités génératrices de revenus à la fin de leur carrière professionnelle ont fait siens, les adages populaires qui enseignent que « seul le travail anoblit l’homme » et qu' »à la sueur de ton front, tu mangeras ton pain« . Elle ont aussi compris que l’émancipation de la femme passe nécessairement par ses propres efforts.

Aïssata TRAORé

Essor du 23 mai 2008