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Lors d’une conférence de presse le vendredi 12 juillet à la Bourse du travail, le secrétaire général du Syntade a qualifié le bureau dirigé par Yacouba Katilé d’illégale et d’illégitime au regard du statut du Syntade. Il voit une main invisible derrière tout ça.

Pour la première fois depuis le quiproquo survenu au 12e congrès ordinaire du Syndicat national des administrations d’Etat (Syntade), Siaka Diakité a fait une sortie médiatique pour expliquer les circonstances du blocage survenu le 26 juin après les travaux du conseil national.

Tout tourne autour d’une question préjudicielle soulevée par Siaka Diakité à propos de l’article 5 du statut du Syntade relatif à la participation des délégués au congrès. Aux dires du secrétaire général, cette question avait été soulevée pour trancher le problème de quorum qui n’était pas atteint. Puisque ce point n’avait pas fait consensus, il avait été décidé de suspendre les travaux le temps d’accorder les points de vue à la faveur d’une réunion convoquée à la Bourse du travail le lendemain avec la participation des secrétaires généraux des sections.

Selon M. Diakité, alors que la question n’avait pas été tranchée, le camp de Katilé s’est transporté au CICB pour poursuivre les travaux du congrès, qui a mis en place un nouveau bureau.

Pour Siaka Diakité, « un syndicat a ses règles et fonctionne dans le cadre du centralisme démocratique. On ne peut pas mettre en place un nouveau bureau tant que l’ancien n’a pas démissionné après avoir présenté son bilan ». Ses propos ont été soutenus par Tibou Telly, secrétaire général adjoint de l’UNTM.

Selon ce dernier, « le BEN-UNTM, pour circonscrire au tiraillement né de l’interprétation du statut, a envoyé une lettre au congrès demandant sa suspension et son organisation à une date ultérieure ». Dans ces conditions, il a déclaré « nul et de nul effet » le 12e congrès qui a mis en place un bureau avec à sa tête Yacouba Katilé.

Règlements de comptes politiques

Le secrétaire général adjoint de l’UNTM, Tibou Telly, a affirmé que ce quiproquo ne sera pas porté devant les tribunaux, mais que le BEN-UNTM y apportera « une réponse syndicale ». Il a soutenu que ce n’est pas la première fois que de tel problème arrive à un congrès de syndicat national de l’UNTM. Il a rappelé les cas des syndicats des transports et de l’alimentation dont les congrès ont été organisés plus tard après suspension.

Pour étayer l’illégalité du congrès du 28 juin, Siaka Diakité a montré des lettres de désolidarisation des syndicats nationaux (impôts, trésor, finance, surveillants de prison) que le congrès du 28 juin dit avoir avec lui. Selon Siaka, sur les 14 sections nationales du Syntade, il n’y avait que 4 avec M. Katilé. Le vendredi à la conférence de presse, il a fait une présentation individuelle de 10 secrétaires généraux des 15 sections nationales et des représentants des divisions régionales et locales.

Il a balayé d’un revers de la main le constat d’huissier dont s’est prévalu le camp Katilé pour légitimer ses travaux. Selon lui, « un huissier ne peut pas constater le quorum d’un congrès ne connaissant pas individuellement les congressistes ». Il a ajouté que la liste de présence établie par M. Katilé comportait des noms sans signature.

D’ores et déjà, les sanctions qui attendent ceux qui ont tenu un congrès parallèle après le mot d’ordre de suspension de l’UNTM est la radiation. Interrogé sur les motivations profondes du camp de Yacouba Katilé, Siaka Diakité a répondu que « quelqu’un tire la ficelle ». Selon lui, sa tête plaît de moins en moins depuis qu’il s’est opposé au coup d’Etat militaire de mars 2012 : en prenant la tête du Front pour la République et la démocratie (FDR).

Il accuse les corps paras militaires (douane, protection civile) qui ont publiquement fait allégeance à la junte militaire de Kati après le putsch de mars 2012 et qui compose le Syntade de Katilé, de déstabiliser l’UNTM en frappant au cœur du Syntade qu’il dirige.

Siaka Diakité écarte le risque de bicéphalisme au Syntade et soutient que les fautifs seront sanctionnés et que le Syntade vivra.

Abdrahamane Dicko

Les Échos du 15 Juillet 2013