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Comment faire en sorte que les ressources en eau soient efficacement gérées et mieux valoriser ? La question a fait l’objet d’un symposium tenu les 28 et 29 mars derniers au CICB. Initiative du Club perspectives et développement (CPD), la rencontre a enregistré la participation d’experts de l’Oms et de l’Autorité du bassin du fleuve Niger, ainsi que d’anciens ministres de pays étrangers.

Le samedi dernier, sous la présidence du ministre des mines, de l’énergie et de l’eau, Mamadou Igor Diarra, s’est tenu au CICB, un symposium de deux jours sur l’eau. Initiative du Club perspectives et développement (CPD) en partenariat avec l’OMVS, la rencontre avait pour thème « la gestion efficace des ressources en eau transfrontalières pour une intégration réussie en Afrique ».

A l’ouverture des travaux, le président du Club perspectives et développement, Hamed Diané Séméga a attiré l’attention sur cette thématique qui fait partie de l’actualité brulante à travers le monde.

Mais qui, selon lui, ne semble, curieusement, intéresser que les seuls experts.
« L’eau est une ressource naturelle qui se raréfie et dont la gestion requiert l’engagement sans faille de tous », a indiqué Hamed Diané Séméga. « En Afrique l’eau peut et doit assurer la prospérité. Elle peut garantir le développement à la seule condition qu’on accepte de prendre vite le taureau par les cornes ».

Pour le président du CPD, l’Afrique doit s’appuyer sur l’eau pour s’intégrer et participer au développement de l’humanité. Et d’ajouter : « Toutes les conditions sont réunies pour que, par l’eau, l’Afrique s’assume et se valorise dans le concert des nations ». Pour ce faire, la gestion transparente de cette ressource reste le premier défi à relever à travers la valorisation des lignes artificielles qui séparent les pays.

Pour sa part, le ministre des mines, de l’énergie, et de l’eau, Mamadou Igor Diarra, a affirmé que ce symposium tout en mettant l’accent sur l’importance stratégique de l’eau, doit permettre de mettre en exergue la très grande sensibilité des eaux traversant les frontières des Etats et en font dès lors un facteur important de conflit surtout lorsqu’elles deviennent rares.

Les Etats, qui sont largement interpelés, doivent, selon Igor Diarra, mettre en place d’efficaces politiques et cadres de gestion intégrée de cette ressource.

« L’eau est par essence une ressource partagée », a dit le Haut Commissaire de l’OMVS, Marzouk. Après avoir saluée la vision de la communauté internationale, le conférencier a souhaité que dans la gestion intégrée des ressources en eaux (GIRE), un accent soit mis sur la solidarité, particulièrement lorsqu’on est en présence d’un bassin traversant plusieurs pays.

En outre le Haut Commissaire de l’OMVS, a estimé que « cette conférence est aussi l’occasion pour les experts d’approfondir la réflexion en ce qui concerne certains défis notamment la manière par laquelle il faut aujourd’hui gérer les ressources en eau de façon à ce qu’elles puissent permettre à l’Afrique d’affronter la modernité ». L’autre équation consiste, selon lui, à savoir si, de part leur configuration actuelle, la GIRE donne un cadre favorable aux Etats nations.

Il est attendu de cette rencontre qu’elle apporte une thérapie pluridimensionnelle à la question de la valorisation de l’eau.

Dans le monde, 1 milliard de personnes n’ont toujours pas accès à l’eau potable. Les 50% résideraient sur le continent africain. L’Afrique, atomisée, n’offre malheureusement aucune chance pour inverser cette tendance, a soutenu le Haut Commissaire de l’OMVS.

Pour lui, l’Afrique doit avoir une ambition plus vaste et faire de ces eaux transfrontalières de vraies passerelles permettant de construire l’Afrique de demain.
Les participants ont vivement salué l’initiative du CPD, qui entend poursuivre le débat sur des sujets qui touchent le quotidien des populations maliennes, voire africaines.

Oumar Diamoye

30 Mars 2009