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Ce lundi 7 novembre 2016, Bamako a abrité la cérémonie officielle de lancement du projet Autonomisation des femmes et dividende démographique au sahel (SWEDD). La cérémonie était placée sous la présidence du Premier ministre, Modibo Keita, représenté par le ministre de l’aménagement du territoire et de la population, Sambel Bana Diallo.

Le projet Swedd vise à accélérer la transition démographique via la maîtrise des taux de fécondité et de la moralité infantile et à réaliser les objectifs plus larges qui consistent à déclencher le dividende démographiques (par exemple les avantages économiques) et, la réduction des inégalités entre les sexes dans la région du sahel.
Aussi, il vise à améliorer le niveau d’autonomisation des femmes et des adolescents en leur permettant d’accéder plus facilement aux services de santé reproductive, infantile et maternelle de qualité dans les six pays du sahel. Il est structuré autour de trois composantes : autonomisation des femmes et des filles, renforcement de l’accès des populations aux services de santé de la reproduction et le développement des capacités d’analyse et de plaidoyer sur le dividende démographique.

Le ministre Sambel Bana Diallo a remercié la banque mondiale et l’UNFPA qui assurent respectivement le financement et l’assistance technique de SWEDD. Selon lui, le Mali avec ses 17,8 millions d’habitants en 2016, figure parmi les pays d’Afrique subsaharienne a forte croissance démographique (3,6% en moyenne par an). Ce niveau élevé de croissance démographique s’explique, aux dires de M. Diallo, par une forte natalité avec un indice synthétique de fécondité estimé à 6,1 enfants par femme, selon l’enquête démographique et de santé de 2012-2013. Dans le même temps, la mortalité des enfants de moins de 5 ans a connu une baisse significative au cours des deux dernières décennies grâce à l’amélioration et à l’extension des services d’éducation et de santé.

Taux élevé de naissance, un fléau qui bloque le développement
Dans une telle dynamique, l’un des défis pour l’émergence du pays est le retard accusé dans le processus de transition démographique qui doit se traduire par la transformation de la structure par âge de la population, la réduction du taux de dépendance démographique et du taux de dépendance réel. « La situation du Mali est caractérisée par une population très jeune avec 47,1% ayant moins de 15 ans, un ratio de soutien économique de 43,5%, ce qui veut dire que 43 travailleurs effectifs supportent 100 consommateurs. Au plan sécuritaire, en quelques décennies, le Mali a connu trois rebellions armées en 1990, 2006, et 2012 qui ont créé des crises humanitaires avec des répercussions au plan économique et social », a précisé le ministre Diallo.

Pour capitaliser le dividende démographique, le ministre Diallo explique que le Mali et les autres pays du SWEDD, doivent agir en parallèle sur trois leviers. Il s’agit du renforcement du capital humain, l’emploi des jeunes et le renforcement de l’engagement politique en faveur de la transformation de la structure de la population capable de porter l’économie.

Sory I. Konaté

07 Novembre 2016
©AFRIBONE