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Le 8 avril, à Tripoli, les pourparlers entre les représentants de l’Etat malien et ceux de la bande à Ibrahim Bahanga ont été suspendus. Et pour cause, suite à la signature d’un Protocole d’accord la semaine dernière, le bandit voulait obtenir le retrait de l’Armée de Kidal et de Tinzawatène. Le chef de l’Etat, chef suprême des armées, est resté inflexible à ce sujet. Pour ATT, seul l’Accord d’Alger reste valable.

Suite aux derniers évènements survenus dans le nord du Mali : attaque d’un convoi militaire et enlèvement de soldas blessés par la bande à Bahanga, le gouvernement malien avait accepté de participer à une table ronde, sous l’égide de la Libye, avec cette bande.

C’est ainsi qu’à Tripoli, lieu des pourparlers, la délégation malienne, dès le début des débats, d’abord avec les médiateurs libyens, ensuite avec les représentants des bandits, avait planté le décor.

Pour les Maliens, il ne s’agissait pas de remettre en cause ou de relire l’Accord d’Alger, mais plutôt de discuter avec les insurgés des conditions d’un cessez-le-feu et de la libération des 33 otages enlevés par les bandits pendant qu’ils étaient sous la protection de la Croix Rouge internationale.

Les deux parties étaient parvenues à un protocole d’entente qui a été signé et rendu public. Mais quelques jours après, sans prévenir, Bahanga revient sur le protocole d’entente et introduit de nouvelles doléances, notamment le retrait de l’Armée du septentrion malien.

En plus, il demande au gouvernement de cesser tout ravitaillement en direction du poste militaire de Tinzawatène (situé à la frontière avec l’Algérie), une localité qui se trouve dans le couloir que les bandits utilisent pour les divers trafics qu’ils veulent intensifier dans la bande sahélo saharienne.

En réintroduisant ces deux exigences, Bahanga et ses hommes n’avaient visiblement pour seul objectif que de bloquer le processus de retour à la normale initié par la Libye.

A l’évidence, les bandits savaient que les autorités maliennes sont plus que jamais résolues à ne céder aucune partie du territoire national, ni à permettre des activités terroristes sur le sol malien.

Elles sont d’autant plus en mesure de se montrer intransigeantes sur ces points qu’elles se savent fortes du soutien de toutes les populations, notamment les institutions de la République, les différentes communautés ethniques y compris celles d’origine des bandits.

Celles-ci, en effet, n’ont pas manqué, dans des déclarations officielles, de se démarquer des bandits qui prétendent agir en leurs noms, de désavouer leurs entreprises criminelles et de réaffirmer leur soutien à la résolution du problème du nord à travers le seul Accord d’Alger.

De cet Accord, les bandits se soucient très peu et sont de leur côté, résolus à contraindre le gouvernement à accepter leurs exigences. Cependant, les autorités restent toujours ouvertes au dialogue et aux négociations.

Les médiateurs libyens partagent le même point de vue et se sont engagés à poursuivre leurs efforts pour faire revenir la bande à Bahanga à la table de dialogue.

Cheick Tandina

10 avril 2008.