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Ce samedi 27 septembre 2008 restera longtemps gravé des les annales de l’histoire (oh ! combien déjà tumultueuse) de l’URD. En effet, ce jour-là, quelques membres du Bureau exécutif national parti se sont octroyé des prérogatives pour suspendre pour six (longs) mois le 2ème vice-président du parti, ministre de la santé et 3ème personnalité du gouvernement. Et cela en toute illégalité. Car, les textes en la matière sont clairs et précis. En effet, l’article 16 du Règlement intérieur de l’URD stipule : « L’avertissement est prononcé par le bureau du comité.

Le blâme, qui intervient après trois (3) avertissements, est prononcé par le bureau de la sous-section. La suspension est prononcée par le bureau de la section sur proposition du bureau de la sous-section. » De ce fait, à part les cas d’exclusion d’office tels que prévus par l’article 15 du Règlement intérieur de l’URD, le régime des sanctions est graduel et va de l’avertissement, par le bureau du comité, au blâme après trois (3) avertissements et enfin à la suspension par le bureau de la section sur proposition du bureau de la sous-section.

Le 1er vice-président de l’URD, Me Abdoul Wahab Berthé, avait-il, au préalable, pris la peine de faire connaissance avec les textes de son parti avant de faire siéger un tribunal d’exception pour juger et condamner son collègue du gouvernement ? Que nenni ! Pressé qu’il était d’exécuter la tâche à lui confiée, ce Docteur en droit et avocat émérite avait oublié de se référer d’abord aux textes de son parti avant de faire siéger la cour. Quelle précipitation !


L’homme était-il en mission ? De qui ?

Ce qui est sûr et avéré, le 1er vice-président de l’URD avait fait escale, ce jour-là, au domicile de Soumaïla Cissé, sis à Badalabougou, avant d’aller présider la réunion ordinaire de BEN de et changer son ordre du jour classique en mettant un seul point, à savoir la proposition de prendre une sanction contre le 2ème vice-président du parti. Sans débats, la question fut soumise au vote des membres du BEN présents (une trentaine sur soixante sept).

Dans la précipitation, le ministre Abdoul Wahab Berthé et des membres de son cabinet (son secrétaire général, son DAF et un de ses chargés de mission, tous membres du BEN) étaient au cœur de l’organisation de cette mascarade contre l’un des cadres les plus valables et l’un des plus proches des préoccupations des militants.

Quel acharnement ! Personne ne comprend toujours pas comment un homme aussi averti, aussi rompu aux arcanes politiques et juridiques que le ministre Abdoul Wahab Berthé ait pu commettre une telle maladresse, une telle injustice, en condamnant un innocent.

Même s’il fallait pour cela fouler au pied les textes fondamentaux du parti de la poignée de main. Maintenant, que va-t-il faire, ayant consulté les textes du parti pour se rendre compte de la bévue commise ? C’est l’histoire de l’arroseur arrosé. L’éminent juriste va-t-il céder son fauteuil de 1er vice-président après ce coup fourré contre son camarade de parti ?

Aujourd’hui, ils sont nombreux les militants qui réclament sa démission de la direction du parti qui, fâcheusement, est en train de se muer en caisse de résonance de celui qui se croit déjà installé dans les rênes du pouvoir. 2012, c’est encore loin. Si cela pouvait être compris dès maintenant, l’URD ira mieux.

Chiaka Singaré,
Politologue et militant URD

02 Octobre 2008