Partager

Le 18 mars dernier, le Premier ministre, Chef du gouvernement, M. Modibo Sidibé, après avoir entendu toutes les forces vives de la nation sur la crise scolaire et universitaire, a rendu public une déclaration dans laquelle il proposa aux enseignants de suspendre leur mot d’ordre de grève. Quelques semaines après cette déclaration du Premier ministre, la Coordination des Syndicats de l’Enseignement Secondaire (COSES) composée du SYPCES, du SYNTES, du SYNESTP et du SYNAPEF a organisé le 2 avril 2008 une conférence de presse dans la salle des professeurs de l’ECICA. Au cours de ce point de presse, le COSES a catégoriquement rejeté le moratoire proposé par le Premier ministre.

Du coup, cette décision renforce les menaces d’une année blanche au niveau de l’enseignement secondaire. Les principaux animateurs de la conférence de presse étaient : M. Tiémoko Dao, secrétaire général du COSES, M. Youssouf Diarra, secrétaire général adjoint du COSES et M. Mahamadou Koné, secrétaire aux revendications du COSES.

LES TEMPS FORTS DU POINT DE PRESSE

La conférence de presse du COSES du mercredi 2 avril 2008 s’est déroulée en quatre temps : le rappel de certains faits, les moyens utilisés pour se faire entendre, les traitements reversés à leurs doléances par le gouvernement et les perspectives avec le SNESUP.

RAPPEL DES FAITS

La Coordination des Syndicats de l’Enseignement Secondaire (COSES) a été créée en octobre 2007. Dès sa création, elle a déposé sur la table du gouvernement un préavis de grève contenant sept points de revendication, qui sont : l’octroi d’une indemnité de logements aux travailleurs de l’enseignement secondaire ; la levée des obstacles juridiques (promotion-formation-détachement etc) ; la relecture de l’article 60 de la loi n°99-046 du 28 décembre 1999 portant Loi d’Orientation sur l’Education ; la relecture du décret n°03-324 du 06 août 2003 portant statut particulier du personnel enseignant de l’Enseignement Fondamental et de l’Education Préscolaire et Spéciale ; la rémunération de l’évaluation de la formation modulaire ; le paiement avec rappel de l’incidence financière de l’augmentation de la valeur indiciaire des professeurs contractuels à compter du 1er janvier 2007 ; l’application correcte des décrets n°00-598, n°00-599 du 04 décembre 2000 portant cadre organique des académies et des CAP (Centres d’Animation Pédagogique).


LES MOYENS D’ACTION

Pour faire aboutir ces revendications, le Bureau Exécutif National du COSES a déposé, à ce jour, trois préavis de grèves, toutes observées par ses militants. Il s’agit respectivement de la grève de 48 heures allant du mardi 6 au mercredi 7 novembre 2007, de la grève de 72 heures allant du mardi 4 décembre au jeudi 6 décembre 2007 et de la grève de 48 heures des 21 et 22 janvier 2008, réconduite les 28 et 29 janvier 2008.

Ces grèves sont soutenues par la retention des notes et la non évaluation ainsi que le boycott de toutes les compositions en vigueur respectivement depuis le 12 novembre et le 10 décembre 2007.

LES TRAITEMENTS RESERVES

Les deux premiers préavis ont fait l’objet de semblants de négociation, selon Tiémoko Dao. Le troisième et dernier préavis, déposé le 17 décembre 2007, n’a même pas fait l’objet de négociation. Ce qui constitue une violation flagrante de la loi n°87-47/AN-RM du 10 août 1987, en son article 3 qui stipule : “… A la suite du dépôt du préavis, le différend est porté devant une commission de conciliation composée de personnalités indépendantes et étrangères au conflit. Les membres de la commission de conciliation sont nommés par arrêté du ministre du Travail sur proposition conjointe du ministre intéresé et de l’organisation syndicale la plus représentative”.

Cependant, un mois après le dépôt du dernier préavis, soit le 17 janvier 2008, le ministre des Enseignements Secondaire, Supérieur et de la Recherche Scientifique, a rencontré le Bureau National du COSES pour échanger autour du préavis en cours. Malheureusement, la rencontre s’est soldée par un échec, faute de propositions concrètes. Le ministre a plutôt sollicité un délai de grâce rejeté par les syndicalistes.

Le 4 février 2008, contre toute attente et sans accord préalable avec les retentionnistes de notes et les non évaluateurs des élèves, les ministres en charge de l’Education, accompagnés du ministre de l’Administration Territoriale et des Collectivités Locales et du représentant de celui de la Fonction publique, ont rencontré les partenaires de l’école et les médias au Centre Abdoulaye Barry pour présenter le document dénommé “Réponses aux doléances des partenaires sociaux de l’école”.

Une semaine plus tard, soit le mercredi 13 février 2008, le ministre des Enseignements Secondaire, Supérieur et de la Recherche Scientifique a convié le Bureau National du COSES et les représentants de la société civile à une rencontre. Il s’agissait pour lui, de recueillir la réaction du Bureau National du COSES au document “Réponses aux doléances des partenaires sociaux de l’école”.

Pour les syndicalistes, ce document n’est qu’une déclaration d’intentions.

Dans la recherche de solutions aux problèmes de l’école malienne, le mardi 18 mars 2008, le Premier ministre Modibo Sidibé a rencontré les acteurs et partenaires de l’école dont la COSES.

Au cours de cette rencontre, il a souhaité un moratoire sur les points n’ayant pas fait l’objet d’accord avec le gouvernement en attendant l’organisation d’un forum dans cinq mois. Par ailleurs, le Premier ministre s’est engagé à honorer les engagements auxquels le gouvernement a souscrit. Mais les syndicalistes déclarent que dans sa lecture des accords du 17 juillet 2007, le Premier ministre Modibo Sidibé ne reconnaît pas l’indemnité de logement comme ayant fait l’objet d’un accord avec son prédécesseur Ousmane Issoufi Maïga.

PERSPECTIVES

Après l’analyse de la situation, le Bureau National du COSES constate avec amertume le refus du gouvernement d’octroyer l’indemnité de logement aux travailleurs de l’enseignement secondaire. Il convient aussi de signaler que la proposition du gouvernement pour lever les obstacles juridiques (promotion – formation – détachement etc.) des enseignants contractuels ne répond pas aux attentes de la COSES.

La relecture du décret n°03-324 du 06 août 2003 portant statut particulier du personnel enseignant de l’Enseignement Fondamental et de l’Education Préscolaire et Spéciale ; la rémunération de l’évaluation de la formation modulaire et l’application correcte des décrets n°00-598, n°00-599 du 04 décembre 2000 portant cadre organique des académies et des CAP (Centres d’Anation Pédagogique) n’ont pas fait l’objet de traitement.

En conséquence, le Bureau National du COSES décide de maintenir son mot d’ordre de retention des notes, de non évaluation et de boycott de toutes les compositions en vigeuur respectivement depuis le 12 novembre et le 10 décembre 2007 jusqu’à la satisfaction de ses doléances.

Daba Balla KEITA

03 Avril 2008.